D’ici 2050, il y aura trop peu d’eau dans plus de 80% des champs du monde

Au cours des 100 dernières années, la demande mondiale en eau a augmenté deux fois plus vite que la population humaine. La pénurie d’eau est déjà un problème sur tous les continents pour l’agriculture et une menace majeure pour la sécurité alimentaire. Et la situation s’aggrave. Selon une nouvelle étude, d’ici 2050, la pénurie d’eau dans l’agriculture devrait s’accentuer dans plus de 80 % des terres cultivées dans le monde.

La nouvelle étude examine les besoins actuels et futurs en eau de l’agriculture mondiale et prédit si les ressources en eau disponibles, qu’elles proviennent de l’eau de pluie ou de l’irrigation, seront suffisantes pour répondre à ces besoins face au changement climatique.

Pour ce faire, les chercheurs ont mis au point un nouvel indice permettant de mesurer et de prévoir la pénurie d’eau dans les deux principales sources de l’agriculture : l’eau du sol provenant des précipitations (appelée eau verte) et l’irrigation provenant des rivières, des lacs et des eaux souterraines (appelée eau bleue). Il s’agit de la première étude à appliquer cet indice global à l’échelle mondiale et à prédire la pénurie mondiale d’eau bleue et verte due au changement climatique.

L’importance de l’eau verte

La plupart des études se concentrent uniquement sur les sources d’eau bleue, en accordant peu d’attention à l’eau verte. L’eau verte est la partie de l’eau de pluie qui est disponible pour les plantes dans le sol. Une grande partie des précipitations aboutit dans les eaux vertes, mais elles sont souvent négligées, car elles sont invisibles dans le sol et ne peuvent être extraites à d’autres fins.

La quantité d’eau verte disponible pour les cultures dépend de la quantité de pluie reçue par une région et de la quantité d’eau perdue par ruissellement et évaporation. Les pratiques agricoles, la végétation de la région, le type de sol et la pente du terrain peuvent également avoir une influence. À mesure que les températures et les régimes de précipitations se modifient en raison du changement climatique et que les pratiques agricoles s’intensifient pour répondre aux besoins d’une population croissante, l’eau verte disponible pour les cultures va également changer.

Les chercheurs notent que le changement climatique aggravera la pénurie d’eau dans 84 % des terres cultivées de la planète. Les modifications de l’eau verte disponible, dues à la modification du régime des précipitations et à l’évaporation causée par la hausse des températures, devraient affecter environ 16 % des terres cultivées dans le monde.

Nouvelles stratégies

L’ajout de cette dimension importante à notre compréhension de la rareté de l’eau peut avoir des implications pour la gestion de l’eau agricole. Par exemple, on prévoit que le nord-est de la Chine et le Sahel en Afrique recevront davantage de précipitations, ce qui pourrait contribuer à réduire la pénurie d’eau dans l’agriculture. Toutefois, la réduction des précipitations dans le centre-ouest des États-Unis et le nord-ouest de l’Inde pourrait entraîner une augmentation de l’irrigation pour soutenir l’agriculture intensive.

Le nouvel indice peut aider les pays à évaluer la menace et les causes du manque d’eau dans l’agriculture et à élaborer des stratégies pour réduire l’impact des futures sécheresses.

Plusieurs pratiques permettent de conserver l’eau agricole. Le paillage (qui consiste à recouvrir le sol d’une couche de déchets verts) réduit l’évaporation du sol, l’agriculture sans labour favorise l’infiltration de l’eau dans le sol et l’ajustement du calendrier de plantation permet aux cultures de mieux s’adapter à l’évolution des précipitations. En outre, l’agriculture en courbes de niveau, où les agriculteurs cultivent les terres en pente en rangées de même hauteur, empêche le ruissellement de l’eau et l’érosion des sols.

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