Des journalistes américains découvrent que les troupes ukrainiennes ont tiré une roquette à sous-munitions pour chasser les Russes d’un village

Des journalistes du New York Times disent avoir trouvé une roquette à sous-munitions dans le village de Husarivka. Ce n’est pas la première fois qu’une telle arme est découverte en Ukraine depuis le début de l’invasion russe. Sauf que cette fois, elle aurait été utilisée par les forces ukrainiennes.

Le 26 mars dernier, les forces ukrainiennes ont repris aux Russes le village de Husarivka, dans le sud de Kharkiv. Pour y parvenir, elles ont visiblement déployé les grands moyens. Sur place, des journalistes du New York Times disent avoir identifié une roquette d’artillerie Uragan de 220 millimètres. Elle aurait été « très probablement » tirée sur les troupes russes par les forces ukrainiennes. Cela se serait passé le 6 ou le 7 mars.

Ce type de roquette fait partie des armes à sous-munitions. Après avoir été tirée, la roquette se décompose en une multitude de petites bombes. Objectif: couvrir une zone la plus large possible avec un seul tir.

Contraire à la Convention sur les armes à sous-munitions

En 2008, une centaine de pays ont signé à Oslo la Convention sur les armes à sous-munitions, s’engageant à ne pas en produire, à ne pas en stocker, à ne pas en transférer et à ne pas en employer. Le traité est entré en vigueur en 2010.

Toutefois, l’Ukraine n’a pas signé cet accord. Elle avait d’ailleurs déjà été accusée d’employer des armes à sous-munitions en 2015, lors d’affrontements avec des séparatistes pro-Russes dans la région du Donbass, rapporte Business Insider.

Pas de mort

Les troupes russes ont, elles aussi, été accusées d’avoir recours à de telles armes depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Ce que n’ont pas manqué de dénoncer diverses organisations de défense des droits de l’homme. Mais la Russie n’a, elle non plus, pas signé le traité sur les armes à sous-munitions.

Face à la possible utilisation d’une telle arme par les forces ukrainiennes, Mary Wareham, de la division des armes de Human Rights Watch, s’est également indignée.

« Ce n’est pas surprenant, mais c’est vraiment consternant d’entendre que des preuves ont émergé indiquant que l’Ukraine pourrait avoir utilisé des armes à sous-munitions dans le conflit actuel », a-t-elle déploré. « Les armes à sous-munitions sont des armes inacceptables qui tuent et mutilent des civils dans toute l’Ukraine. »

Selon les journalistes du New York Times, l’arme à sous-munitions utilisée le mois dernier à Husarivka n’a pas fait de morts. Au moins deux personnes auraient toutefois été tuées lors d’autres bombardements perpétrés par les forces ukrainiennes sur le village pour en faire fuir les Russes.

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