Des élections municipales en France pas immunisées contre le coronavirus

La candidate Rachida Dati du parti Les Républicains (LR) lors des élections municipales à Paris. (EPA-EFE/GONZALO FUENTES)

Quelque 47,7 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche pour le premier tour des élections municipales françaises. Beaucoup ont pourtant préféré rester chez eux, notamment pour cause d’épidémie de coronavirus.

Les élections municipales françaises de 2020 resteront marquées par l’impact du coronavirus… Et du stade 3 de l’épidémie annoncé par le Premier ministre Édouard Philippe la veille. Beaucoup d’électeurs se sont étonnés de l’incohérence de maintenir ce premier tour alors que France se confine toujours plus. Résultat: un taux d’abstention record, entre 53,5 et 56 % selon les estimations des instituts de sondage. En comparaison, le précédent record de 2014 (36,45 % d’abstention) fait pâle figure.

Le vote de la stabilité

Outre ce taux de participation catastrophique, il y a quelques enseignements à retenir de ce premier tour des élections municipales. À commencer par le vote de la stabilité pour les Français s’étant rendus aux urnes. Face à la crise du coronavirus, ils ont préféré les partis traditionnels les mieux implantés: le Parti socialiste et Les Républicains (LR), révèle Le Figaro.

À Paris, la maire PS, Anne Hidalgo, est ainsi arrivée largement en tête avec 30 % des voix selon des estimations Ifop (l’Institut français d’opinion publique), devant la candidate LR Rachida Dati (22 %) et celle de La République en Marche (LREM) Agnès Buzyn (17 %). Même constat à Nantes où Johanna Rolland (PS) l’emporte avec 31,36 % des voix. Du côté des Républicains, notons le quatrième mandat que rafle le maire LR de Toulon, Hubert Falco, avec 61,39 % des voix.

Le Premier ministre Édouard Philippe arrive lui en tête (43,59%) au Havre devant le communiste Jean-Paul Lecoq (34 %).

Percée écologiste

On retiendra aussi de ce scrutin les scores impressionnants du parti Europe écologique-Les Verts (EELV): le candidat écologiste Pierre Hurmic arrive en tête du premier tour à Bordeaux avec 35-35,9 % des voix, même constat pour le maire sortant Éric Piolle (EELV/LFI/PCF) en tête du premier tour à Grenoble avec 44,6 % des voix. La candidate écologiste Jeanne Barseghian (EELV) remporte également ce premier tour à Strasbourg avec 26,7% des voix, devançant Alain Fontanel (LREM, 20,6%), selon une estimation. A Lyon aussi, ce sont les écologistes qui gagnent: Doucet (EELV, 29%) devance largement Blanc (LR, 16,7%) et Cucherat (LREM, 14,9).

Le grand perdant de ce premier tour, c’est sans conteste le parti La République en Marche. C’est aussi un certain échec pour le Rassemblement national, malgré le score obtenu par le député RN Louis Aliot, en tête à Perpignan avec 35,65 %. Qui dit élection nationale, ne dit pas élection locale. Un dur rappel de la réalité symbolisé par la défaite cuisante de l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn (LREM) à Paris (ci-dessus) et celle de l’un des rares espoirs de victoire du parti présidentiel, le candidat LREM Éric Alauzet à Besançon.

Un second tour incertain

Enfin, dernier enseignement mais non des moindres, la tenue du second tour dimanche prochain est fortement compromise. Le nombre de victimes du coronavirus augmente chaque jour en France (120 décès pour 5.400 contaminés) alors que les spécialistes considèrent largement que l’épidémie n’en est qu’à ses débuts. L’annulation du second tour est donc entièrement envisageable à l’heure actuelle.

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