Principaux renseignements
- Les entreprises américaines réduisent considérablement le parrainage de visas pour les diplômés internationaux.
- Environ 25 pour cent des recruteurs prévoient d’embaucher du personnel international, mais comptent l’affecter dans des succursales à l’étranger plutôt qu’aux États-Unis.
- Le gouvernement Trump a également suspendu les visas d’immigration pour plusieurs dizaines de pays.
Les tendances en matière de recrutement des entreprises aux États-Unis évoluent, un nombre croissant d’entre elles se montrant réticentes à embaucher des diplômés internationaux ou à parrainer leurs visas. Cette tendance est largement attribuée aux mesures restrictives en matière d’immigration mises en place par l’administration du président Donald Trump. Les données du Graduate Management Admission Council, rapportées par Bloomberg, révèlent une forte baisse de la volonté d’embaucher des diplômés étrangers : seuls 29 pour cent des entreprises interrogées se sont dites disposées à le faire d’ici 2026, contre 33 pour cent l’année précédente et 55 pour cent en 2022.
Hausse des coûts
Historiquement, les grands géants de la technologie et de la finance tels que Microsoft, Apple, Amazon et JPMorgan Chase ont investi massivement dans les frais juridiques et les coûts liés aux visas afin de s’assurer les services de talents internationaux d’élite. Selon l’experte juridique Anne Walsh, le coût d’un visa de trois ans peut s’élever à environ 8 000 dollars.
Cependant, l’évolution de la réglementation fédérale incite ces organisations à repenser leurs stratégies. Environ 25 pour cent des recruteurs interrogés ont désormais l’intention d’embaucher du personnel international, mais comptent les affecter dans des bureaux à l’étranger plutôt qu’aux États-Unis.
Mesures politiques restrictives
L’administration actuelle a mis en place plusieurs obstacles, notamment une vérification plus rigoureuse des candidats et un processus de sélection révisé pour les visas H1-B qui donne la priorité aux candidats mieux rémunérés.
De plus, le gouvernement a suspendu les visas d’immigrant pour plusieurs dizaines de pays et a mis fin aux initiatives d’amnistie pour les migrants originaires de régions telles que le Venezuela et Haïti. Ces politiques visent, selon le président, à donner la priorité aux opportunités d’emploi pour les citoyens américains.
Répercussions sur les entreprises
Cette évolution est manifeste chez les grands employeurs ; par exemple, Walmart a récemment cessé de proposer des postes au sein de l’entreprise aux personnes nécessitant un parrainage H1-B, invoquant la nécessité d’adopter une approche plus réfléchie en matière de recrutement.
Ces tendances se reflètent dans les données gouvernementales : les Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis ont fait état d’une baisse de près de 40 pour cent des demandes de visa H1-B au cours du dernier exercice fiscal.
La tendance à la délocalisation
Malgré ces tendances, de nombreuses entreprises des secteurs technologique et financier continuent de considérer l’expertise internationale comme essentielle. Anne Walsh note que ses clients trouvent ces restrictions extrêmement problématiques.
Une enquête menée par Envoy Global suggère que 68 pour cent de ces entreprises explorent désormais le « nearshoring » ou la « délocalisation » — en ciblant probablement des talents en Inde ou en Amérique latine — afin de contourner les obstacles nationaux. Mme Walsh fait valoir que ces professionnels étrangers sont essentiels à l’expansion des entreprises et, par extension, à la création d’emplois et à la croissance économique aux États-Unis.
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(ns)

