Le Kazakhstan investit massivement dans la défense par crainte de la Russie, malgré les relations amicales officielles entre les deux pays


Principaux renseignements

  • Le Kazakhstan consacre 5,5 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros) à la défense pour contrer une éventuelle agression russe.
  • La stratégie militaire privilégie désormais la guerre de drones avancée et la défense asymétrique.
  • Les achats se concentrent sur les véhicules aériens sans pilote plutôt que sur les avions traditionnels pilotés.

Tout en conservant une façade d’amitié diplomatique avec Moscou, le Kazakhstan renforce considérablement sa préparation militaire pour contrer les menaces potentielles émanant de la Russie. Le pays prévoit d’allouer 5,5 milliards de dollars à la défense d’ici 2026, un chiffre représentant environ 3 pour cent de son PIB total.

Agression russe

Ce changement stratégique est motivé par la perception qu’ont les dirigeants de l’agressivité russe, citant à la fois l’intervention de 2022 au Kazakhstan et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine comme principaux facteurs d’inquiétude. De plus, les tensions persistantes concernant la minorité russe dans les territoires du nord du pays continuent de représenter un risque pour la stabilité.

Drones

Afin de moderniser ses capacités, Astana donne la priorité à l’intégration de tactiques de guerre par drones inspirées du conflit en Ukraine. Bien que le pays exploite déjà des drones chinois Wing Loong et turcs ANKA, il recherche un partenaire stratégique capable de lui apporter une expertise opérationnelle de pointe.

Bien que la Russie et la Chine soient des voisins immédiats et des alliés officiels, le Kazakhstan est susceptible de se tourner vers l’Azerbaïdjan et la Turquie pour obtenir des conseils techniques, compte tenu de leur succès avéré dans le combat moderne par drones et de l’approche diplomatique diversifiée de l’Azerbaïdjan.

Renforcement des effectifs

Au-delà de la technologie, le gouvernement vise à porter ses effectifs militaires à 110 000 soldats. Cette expansion est une étape nécessaire car, bien qu’il dispose de l’armée la plus puissante d’Asie centrale, le Kazakhstan reste largement surpassé par les capacités de la Russie. Étant donné que les deux nations partagent la plus longue frontière terrestre contiguë au monde, Astana se concentre sur des stratégies de défense asymétriques pour combler l’écart en matière de puissance conventionnelle.

Cette transition vers les systèmes sans pilote influence déjà les décisions d’acquisition. Alors que des discussions avaient précédemment porté sur l’acquisition d’avions de combat français Rafale, le Kazakhstan a réorienté ses priorités. L’armée a décidé d’honorer ses contrats existants portant sur les avions russes Su-30SM d’ici fin 2024, mais entend éviter tout nouvel investissement dans les avions de combat traditionnels pilotés, en réorientant ces ressources vers le développement et le déploiement de drones. (fc)

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