Dans quels pays d’Europe les jeunes se constituent-ils le plus de patrimoine ?


Principaux renseignements

  • Les jeunes de la zone euro ne détiennent que 18 pour cent de la richesse nette médiane globale.
  • Les disparités régionales créent un écart considérable entre les pays à fort patrimoine comme Malte et ceux à faible patrimoine comme la Finlande.
  • Le soutien familial et les héritages influencent davantage la richesse des jeunes que les salaires individuels.

Dans l’ensemble de la zone euro, la richesse nette médiane des personnes âgées de 16 à 34 ans s’élève à environ 24 600 euros. Selon les données de l’enquête sur les finances et la consommation des ménages de la Banque centrale européenne, ce chiffre ne représente que 18 pour cent de la richesse nette médiane générale, qui s’établit à 140 100 euros. Les disparités régionales sont frappantes ; par exemple, le patrimoine médian de cette tranche d’âge varie entre un minimum de 5 700 euros en Finlande et un maximum de 257 500 euros à Malte.

Un patrimoine supérieur à ce que son revenu laisse supposer

Les tendances géographiques révèlent des contradictions surprenantes entre les revenus et le patrimoine. Le Luxembourg et la Belgique affichent une forte concentration de patrimoine chez les jeunes, avec des chiffres atteignant respectivement 135 000 euros et environ 97 200 euros.

La Croatie affiche également une médiane élevée de 82 000 euros, ce qui contraste avec ses revenus nets annuels moyens plus faibles. Des tendances similaires apparaissent en Slovaquie, en Estonie, en Tchéquie et en Lituanie, où les jeunes adultes détiennent une richesse importante bien qu’ils gagnent nettement moins que la moyenne de l’Union européenne.

Comparaison des principales économies

Parmi les principales économies du continent, l’Italie arrive en tête avec une richesse médiane des jeunes de 53 500 euros, dépassant de loin la France (27 700 euros) et l’Espagne (23 700 euros).

À l’inverse, l’Allemagne se classe parmi les pays les moins bien lotis, les jeunes n’y détenant que 17 600 euros – ce qui signifie que les jeunes Italiens possèdent trois fois plus d’actifs que leurs homologues allemands. Parmi les autres pays où la richesse des jeunes est faible, on trouve la Grèce, la Finlande, l’Autriche et la Lettonie.

Soutien externe

Le professeur Fabian Pfeffer, de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich (LMU), suggère que ces chiffres reflètent moins une frugalité personnelle qu’ils ne sont le résultat de systèmes de soutien externes. Étant donné que les moins de 35 ans ont eu peu de temps pour se constituer un patrimoine uniquement grâce à leur activité professionnelle, un patrimoine élevé à cet âge résulte généralement de facteurs institutionnels et de l’aide familiale.

Il note que si certains épargnent sur leur salaire, la réalité d’un marché immobilier onéreux rend presque impossible l’accumulation d’un patrimoine substantiel uniquement grâce aux salaires.

Marché immobilier

La capacité à accéder au marché immobilier est un moteur essentiel de l’accumulation de richesse. Pfeffer soutient que l’accession à la propriété dépend souvent de bien plus qu’un simple revenu stable ; elle nécessite fréquemment des dons parentaux, des héritages ou une aide pour l’apport personnel.

Par conséquent, les inégalités de richesse ne sont pas simplement le résultat d’héritages reçus en fin de vie, mais s’établissent dès le début, lorsque les jeunes adultes accèdent à l’indépendance et tentent de se loger.

(at)

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