Confrontés au lockdown dans leur pays, les Néerlandais se ruent sur la Belgique

Les Pays-Bas ont instauré une fermeture stricte des commerces non-essentiels. Nos voisins du nord viennent donc massivement faire leurs emplettes chez nous.

Le pays étant confronté au variant omicron, les Pays-Bas ont décidé ce samedi de mettre en place un quasi lockdown strict: commerces dits non essentiels et lieux de loisirs resteront portes closes jusqu’au 14 janvier, et les écoles seront fermées jusqu’au 9 janvier. Juste avant les fêtes de fin d’année, c’est un coup dur pour la population qui, outre qu’elle partage le ras-le-bol généralisé de beaucoup d’Européens, a encore beaucoup d’achats à faire pour les réveillons. Pour certains de nos voisin du nord, la solution était toute trouvée : ils ont pris la route de notre pays pour faire leurs dernières courses.

Première vague batave en 2020

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que nos amis bataves viennent profiter de nos boutiques : juste avant la Noël 2020 déjà, on pouvait aisément en croiser, venus depuis Utrecht, faire leurs emplettes sur le Meir à Anvers, et ce malgré l’appel de leur premier ministre, Mark Rutte, à rester chez eux en plein regain épidémique. Même spectacle cette année, relève le quotidien français Le Monde : face aux restriction plus sévères dans leur pays, les Néerlandais optent pour le royaume du sud. « On ne sait pas si notre gouvernement veut vraiment nous éviter le pire, ou s’il décide de tout fermer parce qu’il a pris trop de retard, notamment pour la troisième dose de vaccin » explique au quotidien français un commerçant venu d’Eindhoven. « On ne comprend plus rien, en fait. Car comment expliquer que les voyages à l’étranger sont, eux, toujours autorisés ? »

Et le phénomène ne se limite pas à la cité des bouches de l’Escaut : dans la province de Limbourg, à Hasselt ou Maasmechelen, mais aussi plus au sud, à Liège, on entend vite chanter l’accent des gens de Maastricht. « Normalement, ces jours-ci on allait à Ruremonde » confie l’un d’entre eux à Het gazet van Limburg, faisant référence à une petite ville pittoresque juste de l’autre côté de la frontière. « Mais durant ces fêtes-ci, on ne peut pas, c’est pourquoi on a opté pour Maaschelen Village, on vient tous ici bien plus souvent maintenant. On a presque tous les cadeaux, mais on doit encore en trouver pour nos petits-enfants. »

Différence de contamination négligeable

Un shopping transfrontalier qui, bien sûr, ne fera pas de mal à une économie nationale qui en a bien besoin, en particulier pour les petits commerces. Mais qui fait se poser la question des risques possibles de regain épidémique dans les villes qui attirent cette clientèle néerlandaise. « La situation n’est pas si différente entre les Pays-Bas et la Belgique » nuance le biostatisticien Geert Molenberghs. « Dans notre pays, le variant omicron représente 10% des nouvelles contaminations, tandis que chez nous voisins du nord c’est plutôt 14%. Ça peut sembler beaucoup, mais il se répand si rapidement que cette différence est vraiment négligeable.C’est pourquoi il importe peu que ce soit des Belges ou des Néerlandais dans nos rues commerçantes. Il est particulièrement important d’éviter les grandes foules en général. À cet égard, l’afflux d’acheteurs néerlandais peut être un problème… »

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