Web Analytics

Comment le commerce Europe-Russie s’est effondré… à l’exception d’un produit essentiel à la transition énergétique

Comment le commerce Europe-Russie s’est effondré… à l’exception d’un produit essentiel à la transition énergétique
(Cole Burston/Bloomberg via Getty Images, Chris J. Ratcliffe/Bloomberg via Getty Images, Omar Marques/Getty Images)

Après une année de conflit, c’est le moment de se pencher en détail sur l’évolution du volume des échanges entre l’Union européenne et la Russie. Alors que la commerce de quasiment tous les produits a chuté, celui d’un minerai bien particulier a augmenté.

Pourquoi est-ce important ?

Avec la guerre en Ukraine, l'Europe, ses alliés occidentaux et la Russie se sont dirigées vers des chemins diamétralement opposés. Pour un bon bout de temps, a priori. Inévitablement, cela se traduit dans les chiffres du commerce entre les deux régions.

Dans l’actu : le commerce russo-européen s’est effondré.

  • D’après des chiffres récemment dévoilés par Eurostat, le commerce entre l’Union européenne et la Russie a été fortement affecté par la série de sanctions instaurées par la première à l’encontre de la seconde – et par les représailles qui ont suivi.
  • Par conséquent, le déficit commercial de l’UE vis-à-vis de la Russie a nettement diminué.

Les gros chiffres :

  • Entre février et septembre 2022, la part de produits russes dans l’ensemble des importations européennes a chuté de 6,4% à 3,8%.
  • Dans le sens inverse, à peine 1,1% des exportations européennes ont été dirigées vers la Russie en septembre, contre plus du double (2,3%) sept mois plus tôt.
  • Concrètement, de 19,6 milliards d’euros en février, le déficit commercial de l’UE vis-à-vis de la Russie est passé à 9,7 milliards en septembre.

De nombreuses importations de Russie se sont effondrées…

Le détail : les combustibles fossiles en chute libre.

  • Entre 2021 et le troisième trimestre de 2022, les importations européennes de charbon en provenance de Russie se sont effondrées : de 45% à 13%.
    • Cela s’explique par l’entrée en vigueur, en août, de l’embargo décidé par l’UE, à la suite duquel les importations de charbon russe ont disparu du Vieux Continent.
    • Ce sont surtout l’Afrique du Sud et la Colombie qui ont permis de remplacer le charbon russe par la suite.
  • Pour le gaz naturel, la part des importations de Russie est passée de 36% à 18%.
    • Là, cela s’explique plutôt par le fait qu’à partir de l’été, la Russie a petit à petit coupé le robinet à un nombre grandissant de pays européens.
  • Quant au pétrole, la Russie ne représente plus que 14% des importations, contre encore 25% une année auparavant.
    • Cette baisse a été provoquée par l’annonce, à la fin du printemps, d’un embargo européen sur le pétrole brut russe. Officiellement entré en vigueur début décembre, il a tout de même déjà eu des effets en été et en automne, avec des pays s’efforçant de diminuer progressivement leurs importations.
    • Comme le montre l’illustration ci-dessous, c’est l’ensemble des autres partenaires de l’UE qui en ont profité.
  • Eurostat note aussi que les importations européennes d’engrais (de 29% à 16%) et de fer et d’acier (de 16% à 5%) russes se sont écroulées, suite aux sanctions.
    • L’Égypte, les États-Unis et le Canada ont comblé le trou pour les engrais.
    • La Chine a profité de l’effacement de la Russie pour dribbler tous ses autres concurrents et devenir la première source d’importation européenne de fer et d’acier (de 5% à 13%).
(Eurostat)

Les importations de nickel russe augmentent

Une grosse exception : le nickel.

  • Selon les données d’Eurostat, les importations européennes de nickel russe se portent toujours très bien. Si bien qu’elles ont augmenté depuis le début de la guerre en Ukraine.
  • Représentant 42% des importations européennes en 2021, le nickel russe est passé à 43% au troisième trimestre de 2022.
  • Le nickel n’a pas été visé par les sanctions européennes. Ce minerai est essentiel à la fabrication des batteries que l’on utilise, entre autres, dans les véhicules électriques.
  • Depuis un peu plus de trois ans, le Vieux Continent est contraint d’acheter davantage de nickel russe, car il n’en reçoit plus depuis l’Indonésie – qui n’en exporte plus nulle part.
    • L’UE a porté plainte auprès de l’OMC contre cette mesure protectionniste. Cette dernière lui a donné raison en novembre dernier, mais l’Indonésie a fait appel de cette décision quelques semaines plus tard.

Quid du côté des exportations ?

  • Sur les dix groupes de produits européens dont la Russie est une destination importante, sept ont vu leurs chiffres faiblir entre la moyenne 2017-2021 et les deuxième et troisième trimestre de 2022.
  • Dans trois groupes, les exportations ont augmenté : « le café, le thé, le maté et les épices », « le cacao et ses préparations » et les « graines oléagineuses et produits connexes ».
(Eurostat)
Plus d'articles Premium
Plus