Comment la police peut-elle détecter les menteurs scientifiquement ?

Pour la police, il est souvent difficile de savoir précisément qui ment ou pas. Il existe bien les polygraphes qui détectent l’anxiété du suspect lorsqu’il donne ses réponses. Mais sa fiabilité est très souvent remise en question. Les scientifiques pensent toutefois avoir trouvé une technique beaucoup plus fiable. Explication.

Des chercheurs en psychologie comportementale de l’Université de Portsmouth se sont concentrés sur le discours des témoins et suspects. Pour eux, la longueur et la présence de nombreux détails dans le témoignage permettent d’identifier les personnes qui mentent et celles qui disent la vérité.

Leur idée se base sur la technique de gestion asymétrique de l’information (AIM). Une personne qui dit la vérité va vouloir le prouver en donnant une multitude de détails, que la police pourra vérifier. Un menteur va proposer un discours plus court pour éviter de donner des informations que les policiers savent fausses.

La technique

Le procédé imaginé est donc assez simple.

  1. Les policiers expliquent à la personne interrogée que plus elle donnera de détails sur l’événement, plus ils seront en mesure de vérifier que la personne dit la vérité.
  2. Le suspect ou le témoin donne sa version des faits. Ceux qui disent la vérité proposeront une histoire longue et détaillée. Les menteurs chercheront à cacher la vérité.
  3. Les enquêteurs posent des questions pour aider la mémoire d’un témoin, s’il a dû mal à se souvenir de plus d’éléments.
  4. Les policiers tirent les conclusions sur base de la longueur et les détails du discours.

En outre, la police aura des détails qu’ils pourront eux-mêmes à vérifier.

L’éthique

Actuellement, la technique n’a été testée officiellement qu’une fois et en dehors des services de police. Mais le test montre des résultats surprenants. Les enquêteurs sélectionnés pour l’expérience, qui utilisait cette technique ont détecté 81% des menteurs. Ceux qui utilisaient des techniques classiques d’interrogatoire n’en ont perçu que 41%, explique Cody Porter, chercheur en psychologie et en comportement délinquant, à l’Université de Portsmouth, pour The Conversation.

Le grand avantage de l’AIM est que la technique se montre plus éthique. En effet, contrairement au polygraphe, il ne s’agit pas d’accuser une personne d’un crime pour analyser sa réaction. Ici, le témoin est le principal acteur de l’interrogatoire.

D’autres études doivent encore être réalisées pour affiner et vérifier l’efficacité de cette technique. Elle reste toutefois intéressante à connaitre pour les personnes qui doivent collecter des informations sur un événement, qu’elles fassent partie de la police ou d’une assurance.

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