« Comme regarder un avion se crasher », s’alarme Michael Burry, mais il achète quand même des actions

Michael Burry, l’homme qui a inspiré le film The Big Short, a comparé le marché à un avion en train de se crasher. Mais il n’en demeure pas moins oportuniste: l’investisseur achète des actions en pariant sur un bon développement du marché – sauf pour Apple.

« La mère de tous les krachs va arriver », clamait Michael Burry en automne 2021, estimant que la spéculation était surexcitée. Pour d’aucuns, l’investisseur qu’on surnomme « The Big Short » (pour avoir shorté le marché immobilier américain en plein effondrement en 2007, dans le scandale des subprimes) est considéré comme un oiseau de malheur.

La semaine dernière, il écrivait ceci sur Twitter, sur la situation du marché en ce moment : « Comme je l’ai dit à propos de 2008, c’est comme regarder un crash d’avion. Ça fait mal, ce n’est pas drôle, et je ne souris pas » – un tweet supprimé depuis, relaye MoneyWise. Supprimer ses messages sur Twitter, voire tout son profil, est un peu le modus operandi de l’investisseur.

Tout le marché n’est peut-être pas dans le même avion. En réalité, Burry ne retire pas ses billes, comme au trimestre précédent (dans le cadre des annonces sur la mère de tous les krachs), mais a récemment investi dans de nouveaux actifs. C’est ce qui ressort d’une déclaration fiscale trimestrielle transmise à la Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier américain, consulté par MoneyWise. On peut y observer « quelques mouvements stratégiques intéressants avec des options ». Sur quels actifs a-t-il jeté son dévolu?

  • Meta et Alphabet

Depuis le début de l’année, les valeurs technologiques sont particulièrement en chute ; le contexte inflation-hausse des taux d’intérêt leur est défavorable. Voir Michael Burry investir dans Google (Alphabet) et Facebook (Meta) peut donc paraître surprenant.

C’est la première fois que Burry ajoute ces deux actions à son portefeuille. Son portefeuille contient désormais 6.5000 actions d’Alphabet et 80.000 de Meta, et ce sont les 4e et 6e avoirs les plus importants du portefeuille.

Pourquoi cet achat? Là, nous n’aurons malheureusement pas de réponse. Peut-être achète-t-il les actions au rabais (leur ratio prix de l’action – revenu par action est actuellement situé entre 20 et 25, ce qui est considéré comme proche de la limite de la sous-évaluation d’une action), et croit à une remontée de la tech.

  • Booking.com

Burry a également acheté 8.000 actions de Booking.com, le site de réservation d’hôtels, ce qui en fait le deuxième avoir le plus important du portefeuille. La compagnie se porte bien financièrement, avec des flux de trésorerie disponible importants, qui donnent un rendement de 4,7% par action.

Au-delà des finances, l’on attend surtout à un été important pour le tourisme, après deux étés freinés par la pandémie. D’un autre côté, le tourisme sera en tout cas une jauge importante pour l’impact de l’inflation, et pour la solidité des dépenses des consommateurs. Les vacances sont généralement considérées comme une période où l’on dépense en faisant moins attention, voire pour lesquelles ont met de l’argent de côté. De mauvais résultats de ce côté pourront en tout cas être interprétés comme un signe pour la récession.

  • Apple

Encore une action de la tech, mais cette fois, il s’agit plutôt d’un pari contre l’entreprise en question, à savoir Apple. Il a ainsi 206.000 put options sur des actions d’Apple, c’est-à-dire un contrat qui lui permet de vendre ces actions dès qu’un prix prédéterminé est atteint. Ce contrat prend plus de valeur lorsque le prix de l’action baisse, et est généralement considéré comme une forme de short-selling. Burry parie donc sur le fait que l’action va baisser, et il a misé 28 millions de dollars sur cette baisse.

Il parie ainsi contre l’entreprise à la deuxième capitalisation boursière la plus importante du monde (qui vient de perdre la médaille d’or au profit d’Aramco). Depuis le début de l’année, l’action a perdu 15% de sa valeur, et l’entreprise devrait encore rester impactée par le retard provoqué par les confinements en Chine pendant un certain temps. Reste à voir si le pari de Burry, véritable « ours » pour Apple, pourra se réaliser.

  • Warner Brothers Discovery

Avec la fusion de Warner Brothers et Discovery, Burry a acheté 750.000 actions de la nouvelle entité, qui devient alors le troisième avoir le plus important du portefeuille. Malgré une chute de l’action de Warner Bros. Discovery de 25% depuis le début de l’année, à cause d’inquiétudes sur a dette et sur la place à trouver dans un marché du streaming congestionné, les bonnes perspectives du futur sont peut-être ce qui a attiré Burry. Pour l’année prochaine, la compagnie s’attend à un flux de trésorerie disponible de 3.65 dollars, calculé par action. Avec le prix de l’action d’aujourd’hui, cela équivaudrait à un rendement de 20% par action.

Au final, Burry annonce donc de grands krachs, mais d’un autre côté, il mise sur le retour en force de la tech, les bons chiffres des vacances, et une réussite dans le monde du streaming. Seul pour Apple il paraît alors comme un oiseau de malheur.


Disclaimer: cet article ne fait pas office de conseil, mais doit se lire à titre d’information. Investir comporte toujours des risques.

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