Plus grand pollueur plastique au monde, Coca-Cola présente sa bouteille en… papier

Coca-Cola s’est fixé comme objectif de ne plus produire aucun déchet d’ici 2030. Pourtant, elle était encore l’an dernier l’entreprise la plus polluante en plastique du monde. Il serait donc temps de s’activer.

Afin de poursuivre sa route vers zéro déchet, Coca-Cola va tester sa première bouteille en papier lors du deuxième trimestre. Ce projet pilote concernera 2000 bouteilles de Adez, un jus de fruit de la marque qui n’est pas vendu en Belgique. Elles seront écoulées en Hongrie via une chaîne locale de commerces de détail.

Concrètement, ce premier prototype n’est pas totalement plastique free. Il consiste en ‘une enveloppe en papier avec une couche intérieure en plastique et un bouchon en plastique’, précise la firme.

‘Le plastique que nous utilisons est fabriqué à partir de plastique recyclé à 100 %, lui-même recyclable à nouveau après utilisation’, ajoute Stijn Franssen, EMEA R&D Packaging Innovation Manager chez Coca‑Cola.

Par la suite, Coca-Cola compte créer une bouteille fabriquée à 100% en papier, dépourvue de membrane en plastique. Elle pourra ainsi ‘être recyclée comme n’importe quel type de papier’.

D’autres grandes marques intéressées

Pour mettre au point cette bouteille, Coca-Cola a collaboré avec l’entreprise danoise The Paper Bottle Company (Paboco). Cette firme collabore également avec d’autres grands noms du secteur de la boisson, tels que les Danois de Carlsberg (bière) et les Suédois d’Absolut (vodka). Ces derniers vont d’ailleurs eux aussi mettre en vente 2000 bouteilles en papier, qui seront écoulées en Suède et au Royaume-Uni.

Les ingénieurs de Paboco s’attèlent à fabriquer leur bouteille en papier depuis sept ans. Avec ce premier prototype, utilisé par Coca-Cola et Absolut, ils semblent enfin sur le point de réussir leur pari. Le défi est pourtant important, car il faut parvenir à créer un structure capable de résister à la pression exercée par les boissons gazeuses, telles que la bière ou le cola.

Michael Michelsen, directeur commercial de Paboco, a indiqué à la BBC que les bouteilles sont formées d’une seule pièce de matériau à base de fibres de papier. Ce qui permet de leur donner de la résistance.

‘C’est une partie du secret’, a-t-il confié, expliquant que le fait de mouler un seul objet – plutôt que de s’en remettre à des jointures – a permis de garantir la solidité des liens entre les fibres.

Avec les quelques milliers de bouteilles confiées à Coca-Cola et Absolut, il s’agira du premier test grandeur nature. Il doit permettre de vérifier si la technologie résiste à la logistique du transport alimentaire.

De grandes ambitions, mais toujours beaucoup de pollution

Coca-Cola ambitionne de pouvoir collecter, réutiliser et recycler à 100% chacune de ses bouteilles et canettes, d’ici 2025 en Europe occidentale et d’ici 2030 dans le monde entier. Pour l’instant, chez nous, ses emballages sont recyclables à 97%.

En parallèle, la société américaine a l’intention d’utiliser de plus en plus de matériaux recyclés pour confectionner ses contenants, afin de ne plus avoir à utiliser de matières premières. D’ici 2023, Coca-Cola souhaite que ses emballages en plastique contiennent au moins 50% de matériaux recyclés. ‘À terme’, la firme compte atteindre les 100%.

En dépit des ambitions qu’elle affiche, Coca-Cola restait en 2020 le plus grand pollueur plastique au monde, d’après un rapport de l’ONG Break Free From Plastic. Des déchets issus de la marque ont été retrouvés dans 51 des 55 pays ayant fait l’objet de l’enquête. Nestlé et PepsiCo étaient les deux autres plus gros pollueurs.

Après la publication de l’enquête, début décembre, Coca-Cola avait réagi en disant ‘faire des progrès’. La marque avait également rappelé son engagement à ‘récupérer chaque bouteille d’ici 2030, afin qu’aucune d’entre elles ne finisse comme déchet ou dans les océans, et que le plastique puisse être recyclé en de nouvelles bouteilles’.

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