La Chine a choisi sa cible pour sa première mission anti-astéroïde

La défense de notre planète est un sujet très sérieux qui mobilise de nombreux ingénieurs et astronomes. Non pas pour nous préparer à une hypothétique invasion extraterrestre, mais pour nous prémunir du véritable danger que représentent certains corps célestes, les astéroïdes de belle taille, en particulier. Or sur ce sujet-là aussi, les rivalités internationales vont bon train : c’est à celui qui, le premier, sera en mesure de protéger la Terre.

La NASA a déjà ardemment travaillé sur la question du danger que représenterait un grand astéroïde dont la trajectoire pourrait rencontrer celle de notre Terre ; dans l’argot des astronomes, on parle d’un géocroiseur. Des objets qui, en cas de collision, pourraient provoquer des dégâts indescriptibles, allant des dizaines de blessés provoqués par l’onde de choc du météore de Tcheliabinsk, en 2013, jusqu’à un cataclysme planétaire comparable à celui qui a mis fin au règne des dinosaures.

La NASA s’arme déjà

L’agence spatiale américaine, en collaboration avec l’ESA, son équivalente européenne, a fait décoller en novembre dernier la mission DART (Double Asteroid Redirection Test), qui a pour mission de légèrement percuter Dimorphos, l’un des deux astéroïdes (le plus petit) du système double Didymos. La seconde partie de la mission DART, la sonde HERA quittera la Terre en 2024 pour observer les effets à long terme de l’impacteur sur la trajectoire de ce gros bloc de roche. Les résultats de l’expérience devraient être analysables en 2027.

Mais la Chine aussi s’est penchée sur le sujet, et son agence spatiale vient de déterminer une cible prometteuse pour un test semblable. Elle a jeté son dévolu sur l’objet géocroiseur 202 PN1, découvert en 2020 et qui mesure une quarantaine de mètres de diamètre, selon Space News. Celui-ci aura donc l’étrange honneur de faire aussi l’objet d’une mission double, avec l’envoi d’un impacteur ainsi que d’une sonde d’observation des résultats.

La Chine veut faire d’une pierre deux coups

La mission sera lancée en 2026 sur une fusée Long March 3B, si l’on en croit les données révélées par Long Lehao, le concepteur en chef de cette série de fusées, lors d’une conférence sur l’avenir spatial de la Chine. Or, la particularité de ce premier pas chinois dans la défense contre les dangers de l’espace, c’est que la mission se fera en un lancement unique, et non pas deux distincts comme celui de la NASA, du moins si l’on en croit les données disponibles pour l’instant. De là à voir dans ce choix la volonté de faire mieux que les États-Unis technologiquement, si l’Empire du Milieu ne peut prétendre à la place de premier à arriver à mener quelque chose à bien, il n’y a qu’un pas.

Les chercheurs chinois avaient déjà publié des articles sur des concepts d’impacteurs cinétiques, à savoir l' »impacteur cinétique assemblé » (AKI) utilisant une fusée Long March 5, et le « déflecteur d’astéroïdes amélioré », plus complexe, qui collecterait d’abord des roches sur un géocroiseur avant d’impacter un objet potentiellement dangereux.

L’administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a également déclaré en avril qu’elle allait mettre en place un système d’alerte précoce et développer un logiciel pour simuler les opérations contre les objets géocroiseurs et tester et vérifier les procédures de base.

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