C’est acté: l’Allemagne et les USA bloqueront Nord Stream 2 en cas d’invasion de l’Ukraine par la Russie

Alors que l’Ukraine et ses alliés occidentaux craignent que la Russie ne déclenche une attaque, toute une série de mesures sont étudiées afin de dissuader Moscou d’entamer de telles manœuvres. Comme on pouvait s’en douter, le gazoduc Nord Stream 2, qui doit relier la Russie à l’Allemagne, sera utilisé comme argument.

Ce n’est pas spécialement une surprise. En tout cas pas de la part des Etats-Unis, qui sont des détracteurs de longue date de Nord Stream 2. Mais au moins, désormais, les choses sont claires. Si la Russie décide de tenter d’envahir l’Ukraine, elle doit s’attendre à de nouveaux blocages autour du gazoduc. Ce sont les Etats-Unis et l’Allemagne qui l’ont affirmé, presque de concert.

D’une part, Ned Price, porte-parole du département d’État américain a déclaré que Nord Stream 2 « n’avancera pas » en cas d’attaque de la Russie, rapporte la BBC. D’autre part, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a déclaré au parlement allemand que les alliés occidentaux « travaillent sur un ensemble de sanctions fortes », « y compris Nord Stream 2 », qui auraient de graves conséquences pour la Russie en cas d’attaque.

L’ambassadrice d’Allemagne aux États-Unis, Emily Haber, a elle aussi annoncé la couleur sur Twitter. « Les États-Unis et l’Allemagne l’ont déclaré conjointement l’été dernier: si la Russie utilise l’énergie comme arme ou s’il y a une autre violation de la souveraineté de l’Ukraine, la Russie devra payer le prix fort. Olaf Scholz (le chancelier allemand, ndlr) et Annelena Baerbock l’ont dit clairement : rien ne sera exclu, y compris Nord Stream 2 », a-t-elle écrit.

Un enjeu de taille

Nord Stream 2 est un projet de très grande envergure. Long de 1225 kilomètres, il doit relier la Russie à l’Allemagne en passant par la mer Baltique. Sa construction a duré cinq ans et a coûté 11 milliards de dollars: le gazoduc est prêt à être mis en service… mais il n’en a pas encore reçu le feu vert.

Le dernier rebondissement en date remonte au mois de novembre, lorsque le régulateur énergétique allemand a déclaré que le gazoduc n’était pas conforme à la loi allemande: son approbation a été suspendue.

Les Etats-Unis se sont, dès le début, montrés critiques envers Nord Stream 2. Côté allemand, le dossier du gazoduc, mêlé à celui des tensions entre la Russie et l’Ukraine, a fait l’objet de tensions au sein de la nouvelle coalition. Les sociaux-démocrates sont plutôt favorables à une approche conciliante avec Moscou, tandis que les écologistes et Libéraux sont partisans d’une ligne plus dure.

En outre, le gouvernement allemand a eu du mal à se positionner sur le projet de taxonomie verte européenne proposé le 31 décembre dernier par la Commission. Berlin s’est finalement prononcé la semaine dernière: le nucléaire, c’est non (sans surprise), le gaz, c’est oui (sous certaines conditions).

Certains écologistes remettent toutefois en question le choix de l’Allemagne pour le gaz – au vu de sa nature polluante. Sur le plan politique, certains craignent également que Nord Stream 2 n’accroisse la (déjà très importante) dépendance de l’Europe à l’égard de l’énergie russe. Elément qui pourrait, peut-être, s’avérer utile à Vladimir Poutine dans le cadre du conflit ukrainien.

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