Boeing compte reprendre la production du 737 MAX avant même d’obtenir le feu vert

David Calhoun, le nouveau CEO de Boeing depuis le 13 janvier. (EPA-EFE)

Le nouveau directeur général de Boeing espère reprendre la production des 737 MAX en juin ‘lentement et de façon régulière’, l’appareil étant interdit de vol depuis le 13 mars 2019.

(Trop) confiant, Boeing? Le nouveau patron de la compagnie aérienne américaine David Calhoun semble vivre sur son propre nuage et veut inverser la tendance négative ‘laissée’ par son prédécesseur Dennis Muilenburg, qui a démissionné en décembre dernier. Son mot d’ordre: la sécurité, comme il l’a répété plusieurs fois lors d’une conférence de presse mercredi, la première de l’entreprise depuis la crise des 737 MAX. La production des appareils est en pause depuis janvier.

On comprend qu’il doive insister sur le message tant la confiance envers Boieng s’est effondrée, suite à deux crashs rapprochés de 737 MAX qui ont fait 346 victimes. Les clients ne sont pas prêts à remonter dans ces appareils qu’ils voient comme meurtriers, Boeing doit donc enclencher les réacteurs pour entreprendre de les rassurer… et se rassurer lui-même, la production du 737 MAX représentant plus de deux-tiers de son carnet de commandes.

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‘Nous allons reprendre lentement et de façon régulière notre production quelques mois avant la remise en service du MAX à la mi-2020’, a déclaré celui qui est aux commandes depuis dix jours à peine. Boeing en avertira ses sous-traitants auparavant, rapporte le quotidien français Les Echos. ‘Je crois en cet avion. J’y crois parce que nous l’avons fabriqué. Les pilotes y croient. C’est juste que la procédure d’approbation (des avions) est nouvelle’, ajoute un David Calhoun… confiant. Boeing prévoit ainsi de relancer la production du 737 Max plusieurs mois avant que les régulateurs de la Federal Aviation Administration (FAA) n’approuvent la reprise du vol de l’avion.

Des conséquences sur l’économie américaine

Le nouveau CEO veut donc rassurer: rassurer les régulateurs, les compagnies aériennes, les salariés, et même le président Donald Trump, déçu de Boeing puisque les échecs à répétition risquent d’avoir de graves conséquences sur l’économie américaine. Et ce n’est pas le retardement du vol inaugural de son long courrier 777X qui arrangera les choses.

Depuis la crise des 737 MAX, de nombreux sous-traitants ont déjà été impactés, comme le fabricant de fuselages Spirit AeroSystems qui a licencié 2.800 personnes… pour l’instant. Mais non, David Calhoun répète que chez Boeing, on n’annoncera aucun licenciement ni mesure de chômage technique. Il promet même des moyens supplémentaires aux ingénieurs, espérant faire taire les critiques selon lesquelles la satisfaction des marchés financiers et des actionnaires passe désormais avant la culture d’innovation et de sécurité de l’entreprise, le fer de lance traditionnel de Boeing.

On l’aura compris: la sécurité est donc maintenant la ‘priorité’ (et le mot préféré) du nouveau CEO de Boeing, qui affirme que ‘une fois que les pilotes vont se remettre aux commandes (du 737 MAX) et seront en confiance, je suis persuadé que les clients suivront.’ Espérons qu’il ne se brûle pas les ailes par excès de confiance…

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