Une longue bataille juridique avec Twitter attend Musk : « L’entreprise ne peut pas simplement se résigner à sa décision de se retirer de l’acquisition »

Le patron de Tesla, Elon Musk, ne va finalement pas prendre le contrôle de Twitter. Il abandonne ses projets de rachat parce que le réseau social partage peu d’informations (et, selon Musk, des informations qui sont d’autant plus incorrectes) sur le nombre de faux comptes. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les experts juridiques soulignent qu’une longue bataille juridique attend le milliardaire.

Après avoir joué à quitte ou double avec Twitter pendant des mois, Musk a finalement décidé de ne pas reprendre l’entreprise. Selon le milliardaire, les chiffres officiels que la société donne sur les spams et les bots ne peuvent pas être corrects.

Musk a peut-être retiré son offre, mais selon les experts juridiques, il n’est pas aussi simple de se retirer. Au lieu de cela, il risque d’être confronté à une longue bataille contre la plateforme devant les tribunaux, qui pourrait durer plusieurs mois.

Twitter dans une position difficile

« Le conseil d’administration de Twitter est dans une position très difficile », déclare Ann Lipton, professeur de gouvernance d’entreprise à la Tulane Law School, dans une interview accordée au site d’information américain CNBC. « Ils ne peuvent pas simplement accepter de baisser l’offre de rachat ou accepter le refus de Musk de reprendre l’entreprise. Les actionnaires n’apprécieraient pas cela. » Musk avait promis de racheter l’entreprise pour 54,2 dollars par action. Le 1er avril, la veille de l’annonce des plans de rachat, l’action était à 39,1 dollars. Ils avaient donc la perspective d’une augmentation du prix de l’action pouvant aller jusqu’à 38%.

« Si elle le faisait quand même, cela comporterait le risque que les actionnaires de Twitter intentent un procès », poursuit l’expert juridique. Après tout, il ne faut pas oublier qu’ils ont déjà intenté un procès contre l’entreprise et Musk parce que l’opération de rachat s’est déroulée de façon si chaotique.

Spambots

Lipton ajoute qu’il est également loin d’être certain que Twitter ait menti sur le nombre de spambots présents sur la plateforme. « Même si c’est le cas, ce n’est pas une raison pour que Musk fasse sauter l’accord », dit-elle. « Pour constituer une violation substantielle de l’accord, Musk devrait prouver que Twitter a fait de fausses déclarations si flagrantes qu’elles auraient un impact à long terme sur le potentiel de profit de l’entreprise. Musk n’a pas encore fourni cette preuve. »

Bret Taylor, le président de Twitter, a déjà fait savoir via Twitter qu’il allait poursuivre Musk en justice. « Le conseil d’administration de Twitter s’engage à conclure la transaction au prix et aux conditions convenus avec Musk et a l’intention de prendre des mesures juridiques pour s’assurer qu’il honore l’accord », a-t-il écrit.

« Twitter semble avoir le dessus », analyse Lipton. « L’accord contient une clause d’exécution spécifique qui stipule que Twitter a le droit de poursuivre Musk pour le forcer à reprendre l’entreprise tant qu’il dispose d’un financement par emprunt. »

(CP)

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