Ce mardi, la Banque mondiale a considérablement réduit ses perspectives de croissance pour l’économie mondiale pour 2023. Toutefois, une inconnue subsiste toujours : la réouverture de la Chine.
La Banque mondiale déclare le monde « dangereusement proche de la récession » et pointe les banques centrales du doigt

Pourquoi est-ce important ?
Pour lutter contre l'inflation, les banques centrales du monde entier n'ont eu cesse de relever leurs taux. Même si la montée des prix semble montrer des signes de ralentissement, celles-ci ne sont pas tout à fait prêtes à retirer leur pied de la pédale de frein. Tout cela finira par déboucher sur une récession, estiment certains analystes et institutions.Dans l’actu : la Banque mondiale réduit quasiment de moitié ses perspectives de croissance pour 2023.
- Évaluées à 3% à la mi-2022, elles ont été abaissées à 1,7%.
- « La croissance mondiale a ralenti au point que l’économie mondiale est dangereusement proche de tomber en récession”, a déclaré la Banque mondiale.
Les chiffres : moins de 1% aux USA, en Europe et en Asie.
- Pour les Etats-Unis, la Banque mondiale prévoit désormais une croissance de 0,5%, contre 2,4% précédemment.
- Pour l’Europe, ses prévisions de croissance passent de 1,5% à 0,1%.
- Les chiffres pour l’Asie sont exactement les mêmes que ceux pour l’Europe.
- Les perspectives de croissance de la Banque mondiale pour la Chine passent de 5,2% à 4,3%.
- Pour le Japon, elles sont réduites de 1,3% à 1%.
Les explications : les politiques monétaires ultra-strictes mises en cause.
- Ces estimations marqueraient « le troisième rythme de croissance le plus faible en près de trois décennies, éclipsé uniquement par les récessions mondiales causées par la pandémie et la crise financière mondiale », note la Banque mondiale.
- Par ailleurs, si une récession survient dans les années 2020, il s’agirait d’une deuxième récession au cours de la même décennie, après celle provoquée par la pandémie. On n’a plus vu ça depuis les années 1930.
- Selon elle, c’est principalement le resserrement « inattendu, rapide et synchrone » mis en œuvre par les banques centrales à travers le monde qui sont à l’origine de cette récession qui pointe dangereusement le bout de son nez.
- Ces politiques monétaires ont peut-être été nécessaires pour maîtriser l’inflation, mais elles ont “contribué à une détérioration significative des conditions financières mondiales, qui exerce un frein considérable sur l’activité”, souligne la Banque mondiale dans son rapport Global Economic Prospects.
- “Les États-Unis, la zone euro et la Chine traversent tous une période de faiblesse prononcée, et les retombées qui en résultent exacerbent d’autres vents contraires auxquels sont confrontés les marchés émergents et les économies en développement”, ajoute la Banque mondiale.
Quels seront les effets de la reprise en Chine ?
Et maintenant : les yeux tournés vers la Chine.
- Interrogé sur le plateau de CNBC, le président de la Banque mondiale a indiqué qu’il serait particulièrement intéressant de regarder ce qu’il se passe en Chine dans les prochains mois.
- A la fin de l’année dernière, Pékin a décidé de faire sauter progressivement les règles anti-Covid en place depuis près de trois ans, dans le but de relancer l’économie du pays.
- Cet abandon de la politique zéro Covid provoque, comme attendu, un regain de l’épidémie en Chine. Ce qui, pour l’instant, n’a pas guère une influence positive pour l’économie chinoise.
- Il reste à voir si la Chine verra ses hôpitaux se vider plus ou moins rapidement, et donc les délais dans lesquels la relance tant espérée s’enclenchera.
- « La Chine est une variable clé et qu’il pourrait y avoir un avantage pour elle si elle fait passer le Covid aussi rapidement qu’elle semble le faire », a commenté David Malpass.
- « La Chine est suffisamment importante à elle seule pour vraiment soulever la demande et l’offre mondiales », a-t-il ajouté.
- Attention toutefois : si la Chine fait davantage remonter la demande (par rapport à l’offre), cela fera encore grimper le prix des matières premières, a-t-il prévenu.
- Si cela se produit, l’inflation mondiale risque de perdurer… et les banques centrales poursuivront donc leur resserrement monétaire.