Le tableau sombre de la Deutsche Bank : une récession l’été prochain et une chute de 25% sur les marchés boursiers

La banque d’investissement Deutsche Bank voit des nuages sombres à l’horizon de l’économie américaine et mondiale. Mais il y a des bonnes nouvelles : la récession serait légère, et la reprise économique et celle des marchés boursiers viendraient vite.

Pourquoi est-ce important ?

Prix de l'énergie, pénurie de main d'oeuvre et hausse des salaires, retards sur les chaines d'approvisionnement : de nombreux économistes s'attendent à ce que quelque chose se coince dans l'économie et qu'elle tombe en récession. La question est de savoir combien de temps celle-ci durera, et quelle sera sa gravité.

Dans l’actu : un rapport de Deutsche Bank sur l’évolution de l’économie américaine et mondiale, et de Wall Street et d’autres bourses dans les mois à venir, a été publié ce lundi.

  • D’abord une bonne nouvelle pour Wall Street : David Folkerts-Landau, économiste en chef de la banque, cité par Markets Insider et MarketWatch, s’attend à un rallye de fin d’année : le S&P 500, qui vacille autour de la barre de 4.000 points depuis le dix novembre, devrait finir l’année à 4.200. Il continuera sa percée jusque 4.500 au premier trimestre 2023, où il restera stable durant le deuxième trimestre également.
  • Mais c’est là que les choses vont se gâter. Deutsche Bank s’attend à ce que la récession tombe officiellement durant le troisième trimestre, pour l’économie américaine. Résultat des courses : les principaux marchés boursiers du monde chuteront de 25% environ. Le S&P 500 rechutera à 3.250 points, soit une baisse de 28%.
    • Ce serait un écart plus grand qu’en 2022, où la chute la plus forte était de 23%, entre le début de l’année et mi-octobre. L’EuroStoxx50 a suivi une trajectoire similaire.
  • Note positive : il ne s’agirait que d’une chute rapide. A la fin de l’année, l’indice phare de la bourse de New York serait de retour à 4.500. Les autres marchés réussiraient aussi à effacer les pertes.

L’essentiel : quelle récession ?

  • L’économiste s’attend à une récession qui ne dure que « quelques trimestres » et « légère en termes de PIB ».
  • Mais il parle tout de même de « ralentissements économiques modérés aux États-Unis et en Europe, et des augmentations significatives du chômage ». En cause : les hausses des taux d’intérêt de la Fed et de la BCE. Il ne serait pas possible de ralentir l’inflation sans endommager ces deux facteurs.
  • Il se base également sur une analyse historique, remontant jusqu’aux années 60. Pour chaque baisse de 2% (par exemple de 7% à 5%) ou plus de l’inflation tendancielle, une hausse du chômage de la même envergure était nécessaire, aux États-Unis ou ailleurs.
  • Mais là aussi, Deutsche Bank ajoute une note positive. « La bonne nouvelle, c’est que nous pensons également que la Fed et la BCE réussiront leur mission en restant fidèles à leurs positions face à ce qui risque d’être une opposition publique flétrie à mesure que le chômage augmente. Le faire maintenant préparera également le terrain pour une reprise économique et financière plus durable jusqu’en 2024 », conclut l’économiste.
Plus
Marchés
Ma liste de suivi
Marchés
BEL20