Avec la crise, des infirmières peuvent gagner jusqu’à 40.000 dollars par mois aux USA

Des infirmières se préparent pour leur service, à Namur. – EPA

Alors que la crise sanitaire fait rage aux États-Unis, les hôpitaux s’arrachent les infirmières, les plus nantis proposant parfois des salaires multipliés par dix par rapport à la normale. Ce qui n’est pas sans conséquence pour les centres de soins plus modestes.

‘Au début de la pandémie, les hôpitaux étaient en concurrence pour les respirateurs, les tests Covid et les équipements de protection. Aujourd’hui, des centres à travers tout le pays sont en compétition pour les infirmières’, rapporte cette semaine le site d’information américain Quartz. ‘La flambée des cas de Covid-19 cet automne a transformé le recrutement de personnel hospitalier en une sorte de guerre d’enchères nationales.’

Aubaine financière et impact psychologique

Le média cite notamment le cas de Claire Tripeny. En mars 2020, elle a quitté son emploi d’infirmière dans le Colorado, où son salaire était de seulement 800 dollars par semaine et où les conditions de travail étaient difficiles, notamment en matière d’équipements de protection adaptés. Le contrat de deux mois qu’elle a accepté dans le New Jersey, région alors confrontée à une explosion des cas de Covid-19, comportait non seulement la garantie de bénéficier d’un équipement adéquat, mais surtout un salaire d’environ… 5.200 dollars par semaine. Plus de 40.000 dollars pour deux mois de travail.

Mais ça, c’était au printemps. Les montants proposés pour certains postes cet automne sont encore plus élevés, affirme Quartz:

  • Sioux Falls (Dakota du Sud): 6.200 dollars par semaine.
  • Fargo (Dakota du Nord): 8.000 dollars.
  • Et les offres les plus folles peuvent grimper à 10.000 dollars la semaine.

Une aubaine financière pour ces infirmières – qui doivent néanmoins faire face à l’énorme impact physique et psychologique que subissent les soignants de première ligne – mais une ‘menace énorme’ pour les petites structures, prévient Angelina Salazar, CEO de la Western Healthcare Alliance, un consortium de 29 petits hôpitaux du Colorado et de l’Utah. ‘Les hôpitaux ruraux ne peuvent pas se permettre de payer ce genre de salaires.’ Ils voient donc leur personnel partir vers des centres huppés, les laissant démunis face aux flux de malades du Covid.

‘Coupe-gorge’

Quand les pics épidémiques étaient localisés dans quelques régions, le personnel soignant pouvait aller aider les zones en question sans que cela ne porte préjudice à leur région d’origine. Mais maintenant que la flambée des infections concerne l’ensemble du pays, toutes les régions se retrouvent en concurrence.

‘Dans le sillage de la hausse actuelle du nombre d’hospitalisations dues au Covid, qualifier le marché du travail des infirmières de « coupe-gorge » est un euphémisme’, résume Adam Seth Litwin, professeur associé à l’université Cornell. ‘Même si le secteur de la santé peut d’une manière ou d’une autre trouver plus de lits, il ne peut pas simplement aller acheter plus de soignants de première ligne’, conclut-il.

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