Avec 300 nouveaux silos de missiles, la Chine se rêverait-elle en première puissance nucléaire mondiale ?

Alors que l’été dernier, le monde apprenait, peu enthousiaste, que les Chinois bâtissaient plus de 200 nouveaux silos nucléaires, voila que ce nombre est relevé à au moins 300, après observation d’images satellites. Assez pour que l’estimation du nombre de têtes nucléaires dont dispose l’Empire du Milieu soit multipliée par quatre. De quoi potentiellement lancer des salves plus destructrices que ce que ne pourraient tirer la Russie ou les USA.

L’été dernier, des observations satellites ont démontré, à deux reprises, que la République populaire de Chine avait lancé la construction de ce qui, selon tous les experts, ressemble bien à des silos destinés à accueillir des missiles intercontinentaux. En juin dernier, les traces de 119 silos avaient été repérées dans la province de Gansu. Et quelques semaines plus tard, ce sont environ 110 silos qui étaient localisés dans le désert du Xinjiang.

Cette fois, le total de nouvelles excavations localisées a été porté à 300 par la Federation of American Scientists, une association non-gouvernementale fondée par les pères de la première bombe atomique. Et les experts sont formels : il s’agit bien là encore de sites destinés à accueillir des missiles balistiques intercontinentaux, ou des armes à longue portée pouvant accueillir des têtes nucléaires.

Une puissance démultipliée en un temps record

Pour Matt Korda et Hans Kristensen, qui ont fait cette découverte, il s’agit-là de la preuve ultime que le pays a changé de stratégie nucléaire: « Pour la Chine, il s’agit d’un renforcement nucléaire sans précédent. Ce qui est remarquable, bien sûr, c’est l’ampleur et la rapidité de cette opération, qui est tellement décalée par rapport à ce que les Chinois ont fait auparavant en matière de silos à missiles. Sur la base des caractéristiques que nous pouvons examiner sur les nouvelles images satellites, nous sommes de plus en plus convaincus que les installations sont effectivement des silos à missiles et des installations de soutien en construction. »

Auparavant, l’arsenal nucléaire chinois était estimé à 200 ou 250 ogives, ce qui était relativement peu, la France en possédant 300, et l’Empire du Milieu déclarait rester sur une stratégie défensive. Mais de toute évidence, cette puissance de frappe gonfle démesurément : avec ces 300 silos souterrains, là encore dans le Xinjiang, et une force mobile estimée à une centaine de lanceurs, alors la Chine pourrait potentiellement dépasser en force de frappe les USA ou la Fédération de Russie, selon les experts.

Surenchère atomique et missiles hypersoniques

Ceux-ci estiment maintenant le stock chinois à 845 ogives. Loin derrière les 4 600 têtes nucléaires supposées de la Russie, mais c’est déjà une hydre bien terrifiante que la Chine se donne les moyens de lancer. Or dans une guerre atomique, ce n’est pas tant la taille de votre arsenal d’armes de destruction massive qui importe, mais votre capacité à en tirer assez avant l’ennemi pour le mettre hors de combat en une salve. Ou de garder assez de moyens protégés pour assurer l’adversaire qu’il y aura une riposte s’il se risque à tirer le premier.

La Chine n’a en tout cas pas nié travailler sur de nouveaux sites de lancement et, même si ce chantier risque de prendre des années, il progresse particulièrement vite. En outre, le géant asiatique semble aussi prendre de l’avance dans la technologie des missiles hypersoniques, bien plus difficiles à détecter et à intercepter. Il a en outre rejeté les appels de l’OTAN visant à introduire des limites à son armement nucléaire, et a toujours affirmé que son arsenal suffisait juste à une « dissuasion minimale ». Mais Pékin a toujours maitrisé une certaine science de l’euphémisme quand il s’agit de puissance militaire.

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