Au Canada, le cannabis ne fait plus planer les investisseurs

En 2018, la légalisation du cannabis au Canada a suscité un énorme engouement de la part du secteur privé. Les entreprises spécialisées se sont mises à pousser comme des champignons, abreuvées par les millions des investisseurs qui fondaient de grands espoirs dans ce nouveau marché. Deux ans et demi plus tard, tout le monde est redescendu sur terre, rapporte le New York Times.

En devenant le deuxième pays au monde à légaliser la vente et la consommation de cannabis à des fins récréatives, le Canada devait montrer la voie à suivre aux autres pays et disposer d’une longueur d’avance sur un nouveau marché qui s’annonçait juteux au niveau national et international. Des serres abandonnées ont été rachetées pour de petites fortunes, de nombreuses installations en intérieur ont vu le jour et les cours boursiers des entreprises spécialisées se sont envolés.

Moins de trois ans plus tard, force est de constater que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu: les serres sont désormais revendues à perte, les producteurs peinent à écouler leur production et les cours sont au plus bas.

Le consommateur pas au rendez-vous

Le boom tant attendu ne s’est pas produit en premier lieu parce que le consommateur n’a tout simplement pas été au rendez-vous. D’après une étude de l’Université Saint-Thomas relayée par le site CBC, 6% des Canadiens fument du cannabis quotidiennement. Un chiffre identique à la période d’avant la légalisation.

Et pour compléter le tableau, le cannabis légal n’est pas non plus parvenu à séduire massivement les consommateurs, puisqu’environ la moitié d’entre eux continue à se fournir via des circuits illégaux.

Par ailleurs, les investisseurs ont probablement mal interpréter le but premier de la légalisation: réformer le système judiciaire, et ses milliers d’arrestations chaque année pour possession de marijuana, bien plus que de vouloir créer un juteux marché. La vente légale est donc restée à ce jour fortement réglementée et la publicité strictement encadrée.

Mexique

Si les plus optimistes espèrent encore qu’il s’agit là d’une phase d’ajustement du marché qui verra à terme survivre les entreprises les mieux armées, ils pourraient bien déchanter comme les autres prochainement.

Car pour compléter le bad trip canadien, le Mexique a récemment opté à son tour pour la légalisation. Bénéficiant d’un climat plus favorable à la culture du cannabis ainsi que d’une main-d’œuvre meilleur marché, le tout encadré par l’accord de libre-échange ACEUM (Mexique – États-Unis – Canada), la concurrence sur la scène internationale promet d’être rude pour les producteurs du Canada…

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