Après les menaces de Poutine, un avion de l’Apocalypse a survolé les USA: à quoi ce Boeing survitaminé est-il destiné ?

Dimanche dernier, Vladimir Poutine a fait savoir qu’il avait placé les forces nucléaires de Moscou en « régime spécial d’alerte au combat ». Le lendemain, un « avion de l’Apocalypse » a pris son envol dans le Nebraska. Le lien de cause à effet est incertain, toujours est-il que ce vol met les projecteurs sur l’engin, qui doit servir en cas d’attaque nucléaire.

Lundi, un Boeing E-4B NOAC a quitté une base de l’US Air Force dans le Nebraska. Accompagné d’autres avions militaires spécialisés, il a effectué un vol d’entraînement de 4h30 aux alentours de Chicago, avant de revenir à sa base.

Cet engin, une version militaire du Boeing 747-200, est surnommé « avion de l’Apocalypse ». Il doit être déployé par les Etats-Unis en cas de guerre nucléaire. Son vol de plus de 4h étant survenu au lendemain des menaces de Poutine, le timing interpelle. D’autant plus que – et ce n’est pas commun – deux jets « Cobra Ball », capables de suivre la trajectoire d’un missile balistique, l’ont rejoint lors de cet entraînement. Le Pentagone n’a pas souhaité commenter l’objectif de l’exercice.

QG présidentiel en cas d’attaque nucléaire

Le premier Boeing E-4B est né dans les années 1970, pendant la guerre froide. Au total, il en existe aujourd’hui quatre. L’objectif est clair: sauver le président et les haut fonctionnaires américains en cas d’attaque nucléaire. Au total, il peut accueillir 112 personnes. Outre le secrétaire à la Défense et les chefs d’état-major interarmées, il est prévu que des stratèges et des analystes militaires y prennent place si le pire venait à se produire.

En plus de sauver le président américain et son entourage, l’avion de l’Apocalypse doit leur permettre de continuer à mener des opérations. D’où son autre surnom, « Pentagone volant ». A bord, on retrouve tout ce qui est utile à un centre de commandement fonctionnel. En vol, on peut communiquer avec pratiquement n’importe qui, quasiment partout dans le monde, quelle que soit la situation. Grâce à un matériel spécial, le président peut par exemple rester en communication avec les avions, les navires et les sous-marins même si les communications terrestres ont été détruites.

L’appareil est censé permettre de survivre à une impulsion électromagnétique causée par une attaque nucléaire, laissant ses passagers indemnes et ses systèmes intacts. Il est doté d’instruments de vol analogiques traditionnels parce qu’ils sont moins vulnérables.

Toujours sur le qui-vive

A la base, le Boeing E-4B a été conçu pour voler pendant 12 heures d’affilée. Mais il peut être ravitaillé en vol, de sorte à pouvoir rester pendant plusieurs jours dans le ciel. Il contient d’ailleurs des vivres permettant à ses occupants d’y rester pendant une semaine entière.

Les quatre avions de l’Apocalypse stationnent habituellement sur la base aérienne d’Offutt, dans le Nebraska. Lorsque le président se trouve sur le sol américain, un des appareils est toujours prêt à décoller, moteurs en marche. Quand il est à l’étranger, ils le suivent régulièrement, indique Politico. C’est aussi à bord d’un de ces engins que le secrétaire à la Défense prend place lors de ses voyages à l’étranger.

Notons enfin que chacun des quatre avions a coûté environ 223 millions de dollars. Une heure de vol coûte environ 160.000 dollars. Cela fait d’eux les avions les plus chers de l’US Air Force.

Le Boeing E-4B est sans doute muni de nombreuses autres fonctionnalités. Mais elles sont tenues secrètes… et on espère qu’on ne sera jamais amené à les voir mises en œuvre.

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