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Alstom/Bombardier Transport: ‘Une fusion offensive dans un marché en croissance’

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18/02/2020 | Anthony Planus | 5 min de lecture

(Sebastian Kahnert/dpa)

Le français Alstom a annoncé lundi en fin d’après-midi avoir trouvé un accord pour le rachat de Bombardier Transport, branche ferroviaire du groupe canadien, pour un montant compris entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros. ‘Pas de menace sur l’emploi’, clame le PDG d’Alstom, alors que les deux entreprises ont des sites en Belgique.

Le constructeur ferroviaire français Alstom a annoncé lundi avoir signé un protocole d’accord avec Bombardier et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour racheter 100% de Bombardier Transport, la branche ferroviaire du conglomérat canadien, pour un prix compris entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros.

Le groupe canadien, en difficultés financières, compte affecter le produit de la vente à la réduction de sa dette, qui s’élevait fin 2019 à 9,3 milliards de dollars américains.

‘Cette acquisition renforcera notre présence internationale ainsi que notre capacité à répondre à la demande toujours plus importante de solutions de mobilité durable’, a commenté le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge, évoquant ‘une très belle opération’.

Bombardier Transport, basé à Berlin, a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 8,3 milliards de dollars américains (7,7 milliards d’euros au cours actuel), terminant l’année avec un carnet de commandes de 35,8 milliards de dollars (33 milliards d’euros). Elle emploie 36.000 personnes. Bombardier dispose notamment à Crespin (Nord) de la plus grosse usine ferroviaire de France – Alstom exploitant de nombreux sites plus petits – avec 2.000 employés, et d’une usine à Bruges.

‘Une fusion offensive’

Alstom a bouclé son dernier exercice 2018-19 (clos fin mars) avec un chiffre d’affaires global de 8,1 milliards d’euros, son carnet de commandes culminant à 43 milliards d’euros au 31 décembre 2019. Le fabricant du TGV emploie 36.300 personnes, dont 9.500 en France. Il est également présent en Wallonie, avec plusieurs centres de compétences à Charleroi et Bruxelles.

‘Il n’y a pas du tout d’idée de restructurations ou de menace sur l’emploi dans cette acquisition, bien au contraire’, a assuré Henri Poupart-Lafarge à des journalistes. ‘Ce n’est pas une fusion défensive dans laquelle nous essaierions de gagner des synergies de coûts par des restructurations, c’est une fusion offensive dans un marché en croissance’.

Des ‘adaptations’ seront peut-être nécessaires, ‘ponctuellement’, en fonction des plans de charge des différentes usines, a-t-il toutefois reconnu, interrogé sur les sites allemands de Bombardier. En tout état de cause, ni l’usine Bombardier de Crespin, ni celle d’Alstom à Valenciennes, à quelques kilomètres, ne sont concernées, selon lui.

Un géant pour contrer un mastodonte

Avec un chiffre d’affaires cumulé de plus de 15 milliards d’euros et un carnet de commandes dépassant les 75 milliards, un mariage Alstom-Bombardier doit créer un groupe puissant pour affronter le mastodonte chinois CRRC, dont les ventes dépassaient 28 milliards d’euros en 2018, et qui exporte désormais dans le monde entier.

La menace chinoise et la nécessité de progresser dans les technologies numériques avaient déjà été évoquées pour justifier la reprise d’Alstom par Siemens, bloquée en février 2019 par la Commission européenne, qui craignait une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Que dira la Commission?

Il restera à voir quelle sera la réaction de l’exécutif européen quant à ce nouveau mariage ferroviaire. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, doit s’entretenir mardi avec la vice-présidente de la Commission Margrethe Vestager, dont le veto avait été très critiqué l’an dernier à Paris et à Berlin. ‘Nous sommes confiants’, a noté M. Poupart-Lafarge lundi, tandis que la Commission européenne s’est refusée à tout commentaire.

Recentré depuis novembre 2015 sur le transport ferroviaire après la cession de sa branche énergie à l’américain General Electric (GE), le groupe français jouit d’une situation financière saine.

La CDPQ, qui détient actuellement 32,5% de Bombardier Transport, doit devenir au terme de l’opération son premier actionnaire avec environ 18% du capital, selon le groupe français. La Caisse doit réinvestir dans Alstom l’intégralité du produit net de la cession de sa participation dans Bombardier Transport et investir 700 millions d’euros supplémentaires dans le groupe.

Alstom s’est engagé à développer ses activités au Québec et à installer le siège de ses opérations américaines à Montréal.

Bouygues, premier actionnaire du groupe ferroviaire français avec 15% du capital, en conservera environ 10%. Et Bombardier devrait en récupérer 3%.

La transaction, payée pour partie en numéraire et pour partie en actions nouvellement émises par Alstom, doit encore être approuvée par les autorités de la concurrence. ‘La réalisation de l’opération est attendue pour le 1er semestre 2021’, a indiqué Alstom.

Source: Belga


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