Alors que le débat revient en Belgique, l’Irlande lance un revenu universel pour le secteur de la culture

L’Irlande lance un projet pilote dans le cadre duquel les artistes recevront un revenu de base, sans condition. L’initiative aura une durée initiale de trois ans. C’est ce qu’a annoncé le gouvernement irlandais qui voit toutefois plus loin. Le déclencheur de ce projet est est à trouver dans la pandémie, qui a porté un coup dur à l’art et à la culture.

L’initiative nécessitera une dépense du gouvernement irlandais de 35 millions d’euros par an. Le projet pilote fait suite à une recommandation du groupe de travail sur la relance des arts et de la culture, qui a été créé en Irlande pour permettre au secteur de se remettre de l’impact de l’épidémie de COVID-19. L’initiative sera lancée ce mois-ci.

Insécurité des revenus

Dans le cadre du projet pilote, l’allocation sera de 325 euros par semaine. Ce montant sera versé à deux mille artistes, qui ont été sélectionnés de manière aléatoire.

« Avec ce revenu de base, le gouvernement veut répondre à l’insécurité des revenus qui peut souvent résulter d’un travail périodique et basé sur des projets, ce qui est courant dans le secteur artistique », a précisé le porte-parole du gouvernement irlandais.

Bien que le programme soit destiné à un secteur spécifique, le gouvernement irlandais s’est engagé à piloter des programmes de revenu universel au début de la décennie. Il était en tout cas prévu que le gouvernement introduise le système avant la fin de son mandat.

Reconnaissance

Catherine Martin, ministre irlandaise de la Culture et des Arts, a souligné que ce concept ne devait pas être qualifié d’aide sociale, mais reflétait une reconnaissance de la valeur intrinsèque de la pratique artistique.

« La pandémie a rappelé aux gens l’importance de l’art en cas de besoin », a fait valoir Martin. « Le secteur culturel nous aidera à comprendre ce qui s’est passé et nous aidera à façonner l’avenir. »

Belgique et dans le monde

En Belgique, les artistes bénéficient d’un statut particulier s’ils remplissent certaines conditions. Ce statut leur permet d’obtenir des allocations pendant d’éventuelles périodes d’inactivité. Jusqu’à un certain plafond.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a remis sur la table un projet d’une tout autre ampleur cette semaine: un revenu universel comme « nouveau contrat social » de la société, a-t-il expliqué dans un post Facebook.

Le libéral s’intéresse depuis de nombreuses années au mécanisme du revenu universel : « On donne un revenu de base à chacun. Et après, si vous travaillez, vous gagnez plus. Si vous ne travaillez pas, vous restez avec votre revenu de base ». Bouchez verrait bien une allocation de 1.000 euros par mois, mais qui remplacerait la sécurité sociale telle qu’on l’a connait aujourd’hui. Pour le Montois, ce modèle serait finançable et même plus durable qu’une sécurité sociale qui ne cesse de s’accroitre avec le vieillissement de la population.

Bouchez précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une position du MR, mais que le débat sera posé au sein de son parti. Ailleurs dans le spectre politique belge, on est divisé face au revenu universel. Certains y voient une aubaine, d’autres un grand danger qui détricoterait la sécurité sociale.

Le revenu universel n’est certainement pas quelque chose de neuf et a été testé de manière temporaire dans certains pays comme l’Allemagne et la Finlande. L’idée a repris de l’intérêt avec la pandémie et les milliards d’euros dépensés par les États sous forme de chômage temporaire. L’Espagne a par exemple lancé un revenu de base pour un million de ménages les plus précaires qui va de 462€ à 1.015€ par mois, avec un bilan jusqu’à maintenant mitigé. Avec le Portugal et l’Italie, les 3 pays ont poussé pour mettre un tel système en place pour les 450 millions d’Européens, sans succès.

Il faut le dire: les expériences d’un revenu de base n’ont pour le moment pas rencontré de grand succès sur le long terme. L’idée semble louable, son application impossible. Car les partis de gauche et de droite n’ont pas du tout le même point de vue sur sa définition.

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