Alexander De Croo annonce un accord de principe avec Engie : l’État cogérera Doel 4 et Tihange 3

C’est donc confirmé. Comme nous vous l’annoncions mercredi, la Vivaldi s’est mis d’accord avec Engie pour l’exploitation des deux réacteurs nucléaires les plus récents. Un accord de principe qui doit mener à un accord plus large pour la fin 2022.

Par communiqué, le Premier ministre et la ministre de l’Énergie, Tinne Van Der Straeten (Groen), précisent que l’État « ne sera pas l’exploitant », mais dans les faits, le gouvernement a fait une concession à Engie et partagera « les risques comme les bénéfices par le biais d’une nouvelle société à créer ». Comprendre : l’État cogèrera les centrales en partageant le bénéfice d’un marché où les prix de l’énergie sont en hausse, mais aussi les risques, à savoir la gestion des déchets futurs et du démantèlement de Doel 4 et Tihange 3.

L’État entend toutefois mener une étude sur les déchets et le démantèlement, « à l’issue de laquelle les discussions s’engageront autour d’un ‘cap’ et d’une prime de risque à définir ».

Le but est de parvenir à un accord final d’ici à la fin de l’année. Entretemps, « des groupes de travail d’experts » seront mis en place. Si le Premier ministre assure que cet accord « est un signe de confiance entre les deux parties et un pas important pour la sécurité d’approvisionnement de notre pays », la grande question reste l’hiver 2026. Il n’est pas du tout garanti que les deux réacteurs les plus récents seront opérationnels à cette date.

De son côté, Engie, moins optimiste, parle d’une « déclaration d’intention non contraignante pour évaluer la faisabilité et les conditions d’un renouvellement des 2 réacteurs ».

Pression pour prolonger plus de deux réacteurs

Pour le président du principal parti d’opposition, Bart De Wever (N-VA), il est clair que cet accord de principe n’est pas un vrai accord et qu’il interviendra trop tard, a-t-il rappelé mardi soir. « Les chances que nous rendions nos réacteurs opérationnels pour 2026 sont proches de zéro. Une mauvaise gestion de la pire espèce. »

Pour Georges-Louis Bouchez, à la tête du MR, il ne faut plus se limiter aux deux réacteurs les plus récents. « Désormais, on doit envisager la prolongation de plus que deux réacteurs. Sans cela, notre pays risque le black out et des prix dramatiques. À l’heure où chaque pays européen travaille à réduire sa dépendance au gaz, il est irresponsable de faire le chemin inverse. Le nucléaire s’impose comme une évidence climatique, économique et de sécurité. »

Ce sera assurément l’un des prochains débats autour de la table de la Vivaldi d’ici fin 2022, même si les Verts ont déjà avalé beaucoup de couleuvres.

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