Affaire des sous-marins : la France prête à sanctionner l’Australie et les USA

Le torchon n’est pas près de s’éteindre entre la France et ses « alliés »du Pacifique : Emmanuel Macron envisage de faire capoter des accords de libre-échange avec l’Australie et les USA. Le reste de l’Union européenne ne sait trop sur quel pied danser.

Pourquoi est-ce important ?

La France ne décolère pas depuis l'annulation d'un contrat à 53 milliards d'euros pour des sous-marins de la part de l'Australie. Ce pays a préféré s'associer avec la Grande-Bretagne et les USA pour un programme de sous-marins nucléaires et les Français, mis devant le fait accompli, se sentent dupés par leurs alliés.

Confiance brisée

Quand on parle d’ambiance de guerre froide ou de sanctions économiques, on ne s’attend pas à voir ces protagonistes-là de part et d’autre. Mais l’affaire de l’annulation surprise de la commande de sous-marins français par l’Australie, motivée en sous-main par des Etats-Unis qui tenaient à leur accord de coopération AUKUS, ne passe décidément pas. Les Français parlent d’un « coup de couteau dans le dos » de la part de pays supposément alliés. Et le président Macron semble résolu à riposter.

Selon Business Insider, le président français veut peser de tout son poids pour retarder l’adoption d’un traité commercial entre l’Australie et l’Union européenne. Un pur geste de représailles, alors que les deux parties travaillent sur cet accord de libre-échange depuis 2018, et que les négociations vont entamer leur douzième round dans les prochains mois. Mais les Français ont la rancune coriace, à en croire le secrétaire aux Affaires étrangères de l’Hexagone Clément Beaune : « Tenir sa parole est la condition de la confiance entre démocraties et entre alliés. Il nous est donc impensable d’aller de l’avant sur des négociations commerciales comme s’il ne s’était rien passé avec un pays en qui nous n’avons désormais plus confiance. »

Quant au Premier ministre australien Scott Morrison, il a fait savoir qu’il ne comptait pas profiter de l’Assemblée générale de l’ONU pour s’entretenir personnellement de ce sujet avec Emmanuel Macron. C’est Ursula von der Leyden, la présidente de la commission européenne, qui semble vouloir tenter de réparer les pots cassés par le dirigeant australien.

No deal ?

Les tensions ne sont pas non plus sur le point de s’apaiser entre la France et les États-Unis: selon des sources diplomatiques européennes, le président Macron chercherait du soutien auprès des autres gouvernements de l’Union afin de reporter les négociations concernant l’accord sur le Trade and Technology Council, alors qu’une réunion à ce sujet est prévue pour le 29 septembre.

Une tentative de faire tirer l’Union européenne en bloc sur les USA et l’Australie, par solidarité envers la France. Et une démarche que ne suivront pas forcément les autres pays de l’Union, même si la décision américaine de jeter à l’eau l’accord entre l’Australie et la France passe très mal dans la majorité des chancelleries. « L’Amérique est de retour ? Où ça, en Amérique, ou bien ailleurs ? », ironisait Charles Michel, le président du Conseil européen, après le discours de Joe Biden à l’assemblée générale des Nations Unies. Un discours dans lequel le président américain affirmait que son pays n’était plus en guerre, ce qui n’est pas tout à fait vrai. Une stratégie de communication qui laisse une fois de plus les Européens songeurs.

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