L’accord de Trump sur le diesel tombe à l’eau: pourquoi les pétroliers russes ne font pas route vers les États-Unis


Principaux renseignements

  • L’accord conclu entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine concernant les importations de diesel a complètement échoué.
  • Les pétroliers visés par des sanctions ont modifié leur cap et évité les ports américains.
  • Des motivations politiques et des obstacles juridiques ont fait de cet accord une simple façade.

Un accord ambitieux conclu entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine visant à importer du diesel russe aux États-Unis a en réalité échoué. Les pétroliers qui faisaient initialement route vers des ports américains ont changé de cap, ce qui marque la fin d’un accord qui était encore largement mis en avant juste avant les élections de mi-mandat américaines.

Une stratégie électorale ratée

L’Agioi Fanendes, transportant une cargaison de 40 000 tonnes métriques de carburant, était le dernier navire à devoir encore ratifier l’accord. Ce partenariat entre les deux pays a été mis en place le mois dernier afin de lutter contre la hausse du coût de la vie et des prix du carburant. Le gouvernement Trump espérait ainsi aider les républicains lors des élections. Cette stratégie n’a toutefois pas pu empêcher une victoire écrasante des démocrates, et l’initiative est désormais en train de s’effondrer.

Preuves de détournement

Les données de suivi indiquent une tendance à contourner les sanctions. Après avoir traversé la Manche, le Talisman, navire soumis à des sanctions, a mis le cap sur la Méditerranée. Le Leruo, également soumis à des sanctions internationales, a lui aussi modifié sa route pour se diriger vers le Brésil. Bien que le Kremlin ait qualifié de fausses les informations concernant ces détournements et que son porte-parole ait décrit ces transports comme des opérations commerciales privées, les analystes maritimes restent sceptiques.

Lacunes juridiques

Des experts, notamment de Kpler et du Royal United Services Institute, soulignent que l’accord présentait des lacunes fondamentales. Même si l’Agioi Fanendes avait pu arriver à bon port, le volume total de diesel que la Russie s’était engagée à fournir était négligeable par rapport aux besoins quotidiens réels des États-Unis. De plus, l’accord se heurtait à de sérieux obstacles juridiques. Certains gouverneurs américains ont menacé d’infliger de lourdes amendes et d’intenter des poursuites judiciaires contre les ports qui accepteraient du pétrole russe. Ils ont fait valoir que les dérogations présidentielles ne prévalaient pas sur les lois existantes du Congrès.

Des sanctions internationales

Au-delà des différends nationaux, les sanctions européennes et britanniques ont probablement dissuadé les acheteurs américains. Toute transaction impliquant des banques ou des assureurs européens aurait entraîné des sanctions, faisant du détournement des navires un succès pour les cadres réglementaires de l’UE.

Conjoncture politique

Le contexte politique a également joué un rôle important. Certains analystes suggèrent que Moscou aurait jugé trop risquée la position affaiblie de Trump après les élections de mi-mandat. Le Kremlin craignait notamment une éventuelle saisie de navires dans les ports américains. Certains spécialistes affirment même que les pétroliers n’avaient jamais eu l’intention d’atteindre les États-Unis, mais qu’ils servaient plutôt de façade politique pour influencer les marchés des carburants avant les élections. Une fois les élections terminées, cette illusion n’était plus nécessaire. (ev)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus