Principaux renseignements
- Netanyahu peine à obtenir une majorité parlementaire après les élections nationales qui se sont soldées par une impasse.
- Les allégations de fraude électorale menacent la stabilité démocratique d’Israël.
- Les partis dirigés par des Arabes détiennent désormais la balance du pouvoir dans la formation du gouvernement.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit relever des défis de taille pour rester au pouvoir après des élections législatives qui ont laissé le Parlement israélien sans majorité claire. Bien que son parti, le Likoud, soit arrivé en tête avec 27 sièges, sa large alliance nationaliste-religieuse n’a remporté que 53 des 120 sièges disponibles. En revanche, son principal adversaire, Gadi Eisenkot, dirige une coalition de quatre partis dirigés par des Juifs qui totalisent 48 sièges. Les partis représentant la minorité arabe ont également bouleversé le paysage politique avec une performance historique. Ceux-ci ont remporté 19 sièges, ce qui leur confère un rôle crucial dans la formation d’un éventuel gouvernement.
La lutte pour la formation d’une coalition
Bien qu’il n’y ait pas de vainqueur clair, c’est au président israélien Isaac Herzog qu’il revient de désigner un candidat chargé de former une coalition. Des consultations récentes ont révélé que 67 députés soutenaient Eisenkot, contre 46 pour Netanyahu. Herzog a toutefois fait remarquer que les profondes divisions et les vetos réciproques entre les différentes factions compliquaient la décision. Une nomination définitive est attendue ce dimanche. Le candidat retenu disposera ensuite d’un délai maximal de 42 jours pour former un gouvernement. D’ici là, Netanyahu restera à la tête d’un gouvernement par intérim.
Allégations de fraude électorale
Au milieu de cette incertitude, Netanyahou et ses partisans ont lancé une campagne visant à remettre en cause les résultats des élections. C’est ce qui ressort d’une analyse publiée mercredi sur Ynet, l’un des plus grands sites d’information d’Israël. Sous prétexte que l’élection aurait été «volée», le Premier ministre a mobilisé les services de renseignement du Shin Bet pour enquêter sur des allégations d’ingérence étrangère et de fraude électorale. Il vise en particulier les partis dirigés par des Arabes. David Zini, le chef du Shin Bet, a tenté d’interroger des dirigeants politiques sans assistance juridique, alors même que la Commission électorale centrale a confirmé l’intégrité du scrutin. Les détracteurs et les analystes ont qualifié ces tactiques de « dignes des régimes autoritaires », certains avertissant que cette rhétorique pourrait conduire à des troubles civils, comparables aux émeutes survenues au Capitole le 6 janvier aux États-Unis.
L’intégrité démocratique remise en cause
La rhétorique des alliés de Netanyahu a été particulièrement virulente. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et le président de la Knesset, Amir Ohana, affirment que les résultats ont été influencés par le financement d’islamistes extrémistes. Ils ont donc appelé à l’arrestation immédiate des dirigeants de l’opposition. Le juge à la Cour suprême Noam Sohlberg réfute ces accusations. Il a souligné que le fait de saper la confiance du public dans le processus démocratique constituait une grave menace pour la passation pacifique du pouvoir. Alors que Netanyahou tente de présenter la forte participation électorale de la minorité arabe comme une menace pour la sécurité, les autorités judiciaires ont salué cette participation comme un résultat démocratique positif. (ev)
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