Les négociations entre le gouvernement De Wever et Engie concernant le rachat des centrales nucléaires sont à nouveau dans l’impasse


Principaux renseignements

  • La Belgique et Engie ont de nouveau suspendu les négociations concernant l’acquisition de centrales nucléaires.
  • Les coûts colossaux liés au démantèlement menacent la stabilité financière de l’État.
  • Cette indécision prolongée perturbe les investissements dans le réseau électrique et les relations énergétiques internationales.

Les négociations entre l’État belge et le groupe énergétique Engie concernant l’acquisition de sept centrales nucléaires sont au point mort pour la deuxième fois. Après avoir manqué l’échéance initiale fixée en septembre, puis celle du 4 novembre, les deux parties ont été contraintes de prolonger encore leurs discussions. C’est ce qu’écrit De Standaard.

La situation est devenue si tendue que le Premier ministre Bart De Wever aurait envisagé la possibilité d’élaborer des lois en vue d’une expropriation, bien que les analystes jugent une mesure aussi radicale peu probable.

La crise budgétaire retarde le consensus

Le processus est actuellement entravé par une crise budgétaire nationale, qui a détourné l’attention du Premier ministre des négociations directes avec la PDG d’Engie, Catherine MacGregor. Même si un consensus préliminaire est atteint d’ici le 12 décembre, la finalisation du contrat pourrait prendre plusieurs années, à l’image des négociations précédentes qui s’étaient étalées sur trois ans.

Risques financiers

Les experts financiers ont tiré la sonnette d’alarme quant aux risques liés à cette acquisition. Au-delà du prix d’achat initial, le gouvernement belge hériterait d’engagements financiers colossaux liés au démantèlement des centrales et à la gestion à long terme des déchets radioactifs. Ces inquiétudes sont exacerbées par le fait que seul un petit nombre de réacteurs pourrait effectivement bénéficier d’une prolongation de leur durée de vie.

Par conséquent, certains conseillers, dont l’ancien directeur de la recherche nucléaire Carl Malbrain, ont suggéré que l’État réoriente plutôt ses priorités vers l’éolien offshore.

Impact sur les infrastructures

Cette indécision prolongée provoque un effet domino sur l’ensemble des infrastructures énergétiques belges. Elia, le gestionnaire du réseau, planifie actuellement des investissements dans le secteur de la haute tension pour la prochaine décennie, mais ces projets dépendent fortement de la remise en service ou de la prolongation de la durée de vie des installations nucléaires.

De plus, ce manque de clarté risque de compromettre les négociations avec le Royaume-Uni concernant une nouvelle interconnexion électrique.

Volatilité des prix

Cette impasse a également ravivé l’attention portée aux accords tarifaires concernant Tihange 3 et Doel 4. Selon le mécanisme actuel, l’État indemnise le propriétaire, Be-Nuc, lorsque les tarifs du marché descendent en dessous de 90 € par mégawattheure, tandis que Be-Nuc verse une compensation à l’État lorsque les prix dépassent ce seuil.

Avec la flambée récente des prix de gros — qui ont atteint jusqu’à 248 euros par mégawattheure en novembre —, l’écart financier s’est creusé. Par exemple, rien que le 4 novembre, l’écart entre le tarif garanti et la valeur de marché réelle a dépassé les 8 millions d’euros. (fc)

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