Principaux renseignements
- La France et les Émirats arabes unis développent conjointement l’avion de chasse Rafale F5.
- De nouveaux drones « loyal wingman » se chargeront des missions à haut risque à la place des appareils pilotés.
- Dassault exerce un contrôle strict sur l’architecture de l’appareil afin de garantir l’autonomie nationale.
La France et les Émirats arabes unis prévoient de créer une coentreprise afin de faire avancer le développement du Rafale F5, souvent appelé « Super Rafale ». Selon des informations de Reuters, cette collaboration pourrait impliquer le transfert de certaines technologies, bien que Paris soit déterminé à maintenir un contrôle strict sur ses secrets militaires les plus sensibles.
Si les modalités financières précises restent confidentielles, les discussions à venir porteront sur la définition des spécifications techniques et le financement, après les revers précédents causés par des désaccords sur la propriété intellectuelle. D’autres pays, notamment l’Égypte et l’Inde, sont considérés comme des clients potentiels pour cet avion modernisé.
La stratégie d’autonomie de Dassault
Dassault Aviation a toujours privilégié l’autonomie plutôt que les compromis collaboratifs. Malgré les critiques selon lesquelles sa position protectrice vis-à-vis de ses conceptions exclusives pourrait s’aliéner ses partenaires internationaux, l’entreprise a toujours résisté aux pressions gouvernementales visant à créer des alternatives moins coûteuses et orientées vers l’exportation, telles qu’un Mirage 2000 modifié. Cette stratégie s’est avérée fructueuse lorsque des pays comme le Qatar et les Émirats arabes unis ont finalement acheté le Rafale.
Actuellement, Dassault doit surmonter plusieurs obstacles, notamment l’enlisement du programme européen FCAS et la lenteur des négociations avec l’Inde.
Le concept « Loyal Wingman »
La stratégie opérationnelle du Rafale F5 repose sur le concept de « loyal wingman », dans lequel un chasseur piloté contrôle un drone furtif sans pilote. Ce drone est destiné à pénétrer dans l’espace aérien ennemi fortement défendu pour prendre en charge les aspects les plus périlleux d’une mission, tandis que le pilote gère l’ensemble de l’opération depuis une distance plus sûre.
L’expérience de combat récente acquise en 2025 lors de l’opération « Sindoor » a mis en évidence à la fois les atouts et les faiblesses de cette plateforme ; si les Rafale indiens se sont illustrés face au Pakistan sans disposer de capacités de furtivité complètes, au moins un appareil aurait été abattu par un J-10C de fabrication chinoise.
Nouveautés dans la F5
Les améliorations technologiques apportées au F5 comprennent le moteur M88-T-REX, qui devrait offrir un gain de poussée de 20 pour cent. De plus, la France a l’intention d’intégrer le missile nucléaire hypersonique ASN4G d’ici 2035.
Le PDG de Dassault, Éric Trappier, a indiqué que si les partenaires peuvent apporter leur contribution en matière d’armement ou de soutien auxiliaire, l’architecture fondamentale de l’appareil restera sous juridiction française.
Avion de Combat Futur
À plus long terme, la France a décidé de poursuivre seule le développement de son chasseur de nouvelle génération suite à l’échec de l’initiative européenne FCAS. Ce nouveau projet en solo, baptisé « Avion de Combat Futur » (ACF), vise à produire un prototype d’ici 2031 ou 2032.
Jusqu’à ce que cet avion de sixième génération soit opérationnel, le Rafale F5 et son système de drones associé serviront de relais principal pour les capacités aériennes françaises. (fc)
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