Le chancelier allemand Friedrich Merz estime que la souveraineté numérique est cruciale pour l’avenir de l’Allemagne et de l’Europe


Principaux renseignements

  • Selon le chancelier allemand Merz, l’Allemagne doit accélérer le développement national de l’IA afin de garantir son indépendance technologique et sa survie.
  • La souveraineté technologique exige un contrôle total sur les chaînes d’approvisionnement matérielles et logicielles.
  • D’importantes promesses d’investissement et des coopérations internationales devraient contribuer à combler le retard numérique de l’Allemagne et de l’Europe.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a averti que l’Europe et l’Allemagne devaient accélérer le développement de leur propre intelligence artificielle afin d’éviter une dépendance excessive vis-à-vis des technologies étrangères. C’est ce que rapporte Reuters.

Lors d’un sommet sur l’IA à Berlin, Merz a qualifié l’autonomie numérique de question de survie, affirmant que le pays devait éviter de devenir totalement subordonné à des entités extérieures. À mesure que l’IA s’intègre de plus en plus dans l’économie, les pays dépourvus d’une infrastructure technologique propre deviendront inévitablement dépendants de ceux qui en disposent, a-t-il fait remarquer.

Viser la souveraineté technologique

Pour contrer cette tendance, Merz a proposé que l’Allemagne vise à exercer un contrôle total sur l’ensemble de la chaîne technologique, du matériel physique aux applications logicielles. Bien qu’il ait admis que l’atteinte d’une telle indépendance nécessiterait d’énormes ressources organisationnelles et techniques, cet objectif est devenu une pierre angulaire de la politique de son gouvernement. Depuis son arrivée au pouvoir l’année dernière, la chancelière a donné la priorité à la modernisation numérique de l’économie et a créé un ministère spécialisé chargé de superviser les questions numériques.

Surmonter les obstacles internes

Malgré le lancement d’un cadre national en matière d’IA en 2018, l’Allemagne a eu du mal à transformer cette initiative précoce en avantage concurrentiel. Le gouvernement souhaite désormais rattraper son retard sur les leaders du numérique tels que le Danemark et les Pays-Bas.

Une étude de l’institut de recherche économique Ifo souligne toutefois que l’Allemagne est mal préparée à la révolution de l’IA. Le pays est confronté à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, à une industrie de haute technologie relativement modeste et à une dépendance persistante vis-à-vis de systèmes administratifs papier obsolètes.

Forger des alliances mondiales

L’Allemagne souhaite également renforcer sa coopération avec ses alliés sur la scène internationale. À l’issue de visites en Corée du Sud, au Japon et à Singapour, Merz a indiqué qu’il envisageait également une coopération plus étroite avec des pays tels que la France et le Canada.

Dans le cadre de ces efforts, un sommet conjoint sur l’indépendance numérique européenne, organisé par Merz et le président français Emmanuel Macron, s’est tenu précédemment.

Investissements et infrastructures

Le soutien financier à ces ambitions s’intensifie également. Selon le ministère allemand de l’Économie, un récent sommet a débouché sur des engagements d’investissement de plus de 225 milliards d’euros de la part de grandes entreprises telles que Nvidia et Amazon.

Par ailleurs, l’Allemagne prévoit de quadrupler sa capacité de traitement en intelligence artificielle d’ici la fin de la décennie. Ces initiatives interviennent alors que l’Union européenne revoit son cadre réglementaire afin de mieux rivaliser avec les États-Unis pour la suprématie technologique. (lv)

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