L’Italie souhaite créer à Trapani un centre de formation européen dédié aux F-35


Principaux renseignements

  • L’Italie propose la création d’un centre européen de formation au F-35 à Trapani afin de soulager la pression sur les infrastructures américaines.
  • Ce centre intègre la production, la maintenance et la formation afin de renforcer l’autonomie opérationnelle européenne.
  • La croissance mondiale de la flotte impose de passer d’un modèle de formation centré sur les États-Unis à un modèle décentralisé.

Afin d’alléger la pression sur les infrastructures de formation américaines, l’Italie a proposé la création d’un centre européen de formation au F-35 à Trapani. Cette initiative vise à soutenir la croissance rapide de la flotte d’avions de chasse à travers l’Europe, avec une date de début estimée pour la formation initiale à la fin de l’année 2028 et une mise en service complète d’ici la fin de l’année 2033.

Problème au niveau des formations

La nécessité de ce centre découle d’un goulot d’étranglement aux États-Unis, où les installations existantes peinent à accueillir à la fois les nouveaux opérateurs et les clients actuels qui agrandissent leurs flottes. Bien que le gouvernement américain considère favorablement le projet italien, il n’a pas encore engagé de ressources spécifiques.

Des questions cruciales concernant la gestion des actifs partagés, les mécanismes de financement et la mise en commun des appareils doivent encore être résolues pour garantir que le centre puisse démarrer dans les délais.

Rôle de l’Italie

Pour l’Italie, ce projet constitue une initiative stratégique visant à renforcer son implication dans l’écosystème du F-35. Ayant déjà mis en place un centre d’assemblage final et de maintenance à Cameri, l’Italie intégrerait ainsi efficacement la production des appareils, leur entretien et la formation du personnel sur son propre territoire.

Cela offrirait aux alliés européens une alternative locale au long voyage vers les bases américaines pour la certification des équipages et des techniciens.

Besoin de formations

L’ampleur du programme F-35 s’est considérablement étendue, couvrant désormais 20 pays avec plus de 1 200 appareils répartis sur diverses bases et navires. L’Europe représente une part majeure de cette expansion, avec de nombreux partenaires et clients nécessitant un accès simultané à des simulateurs, des appareils et des instructeurs.

Par exemple, des pays comme la Suisse, la Grèce, la République tchèque et la Roumanie ont des calendriers échelonnés pour la formation et la livraison, s’étendant jusqu’au début des années 2030. De même, la Pologne et l’Allemagne utilisent déjà les installations américaines tout en préparant leurs infrastructures nationales.

L’évolution vers la décentralisation

La demande de formation ne se limite pas à l’Europe, puisque le Canada et Singapour s’appuient également sur des bases américaines, et que des pays comme la Belgique et le Danemark augmentent leurs commandes totales d’avions. Cette forte croissance mondiale impose une transition d’une approche de formation centrée sur les États-Unis vers un modèle international plus décentralisé.

À terme, un site à Trapani renforcerait l’autonomie de l’Europe en matière d’intégration de nouveaux avions et réduirait la dépendance vis-à-vis des ressources américaines limitées. Cependant, la concrétisation de ce projet dépend de la conclusion d’accords formels concernant la répartition du personnel et des avions entre les nations participantes. Ces détails ont été exposés dans le rapport sur le budget présidentiel pour l’exercice 2027 publié par le ministère américain de la Guerre en août 2026. (fc)

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