Principaux renseignements
- Jared Isaacman, directeur de la NASA, cite la sécurité nationale comme le moteur de la course américaine visant à renvoyer des hommes sur la Lune.
- La stratégie chinoise intégrant les secteurs militaire et civil menace le leadership technologique américain.
- La NASA doit privilégier l’innovation disruptive plutôt que les améliorations progressives pour conserver son avance.
L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a récemment souligné que la volonté de renvoyer des hommes sur la Lune d’ici 2028 était largement motivée par des préoccupations de sécurité nationale. Lors de la conférence « AFA Air, Space & Cyber », Isaacman a insisté sur le fait que les États-Unis devaient devancer la Chine dans la course à la Lune pour conserver leur position sur la scène internationale.
Il a mis en avant une différence fondamentale d’approche : alors que les États-Unis maintiennent une distinction claire entre le Pentagone et les programmes spatiaux civils, la Chine intègre ses opérations spatiales militaires et civiles.
La bataille pour le pôle Sud lunaire
La concurrence est particulièrement intense car les deux nations lorgnent sur les mêmes régions riches en ressources du pôle Sud lunaire. Isaacman a averti que les sites d’atterrissage disponibles sont limités, ce qui rend impératif pour les États-Unis d’établir leur présence en premier.
Alors que les États-Unis visent 2028 et la Chine 2030, Isaacman a averti que cette avance est précaire. Il a souligné que la stratégie de lancement rationalisée de la Chine et la réutilisabilité éprouvée de ses fusées signifient qu’elle pourrait potentiellement arriver plus tôt que prévu.
Implications géopolitiques
Au-delà des objectifs scientifiques, cette course a de profondes conséquences géopolitiques. Isaacman a fait valoir que le fait d’arriver en deuxième position pourrait amener les alliés mondiaux à douter du leadership technologique américain et de ses engagements en matière de sécurité.
Établissant un parallèle avec la Guerre froide, il a suggéré que l’alunissage de 1969 avait servi de moyen de dissuasion vis-à-vis des adversaires ; à l’inverse, ne pas occuper la première place aujourd’hui pourrait inciter à l’agression étrangère et encourager d’autres nations à adopter les normes techniques chinoises.
Intégrer les efforts civils et militaires
Pour garantir le succès, Isaacman prône une synergie plus étroite entre la NASA et le ministère de la Défense. Il estime que le partage des ressources sur des projets critiques, tels que l’énergie nucléaire spatiale, évite les doublons inutiles et augmente les chances de réussite. Cet esprit de collaboration s’étend à la région « cislunaire », où les découvertes scientifiques et les intérêts de la défense nationale se recoupent.
Avions expérimentaux
Par ailleurs, l’administrateur a annoncé un changement stratégique dans l’orientation aéronautique de la NASA. Il a critiqué la tendance antérieure à consacrer les budgets à des améliorations progressives de la technologie des moteurs existants. Au lieu de cela, Isaacman réoriente l’agence vers des innovations disruptives.
Alors que le X-59 est actuellement le seul avion expérimental en cours de développement pour un vol supersonique silencieux, il a révélé qu’une nouvelle série d’« X-planes » est en cours de planification afin de regagner une avance technologique. (fc)
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