La Chine construit le premier navire-mère au monde destiné aux grands drones sous-marins


Principaux renseignements

  • La Chine construit le premier navire-mère au monde destiné à accueillir des sous-marins autonomes de très grande taille.
  • Ce navire permet le déploiement en eaux profondes de drones bien plus grands que leurs équivalents américains.
  • Les sous-marins autonomes XXLUUV étendent la portée offensive et les capacités de renseignement de Pékin à l’échelle mondiale.

La Chine renforce actuellement ses capacités de guerre sous-marine avec la construction d’un navire spécialisé considéré comme le premier navire-mère au monde destiné à des sous-marins autonomes de grande taille. C’est ce qu’écrit Naval News.

Observé au chantier naval Hudong-Zhonghua à Shanghai, ce navire est probablement conçu pour prendre en charge des « véhicules sous-marins sans équipage extra-extra-larges » (XXLUUV), ce qui marque le passage de la phase d’essais expérimentaux à un système naval pleinement opérationnel.

Tournant dans la puissance navale

Cette évolution met en évidence la transformation rapide de la marine chinoise, qui est passée d’une modeste force côtière à une puissance mondiale qui devance désormais les autres nations en matière de production de navires de guerre.

Ce nouveau navire de soutien suggère une stratégie visant à intégrer des plateformes sans équipage dans les opérations en haute mer, permettant ainsi à Pékin de projeter sa puissance bien au-delà de ses côtes immédiates.

Une ingénierie innovante pour le déploiement de drones

L’analyse des images satellites révèle une conception rappelant celle d’un navire de débarquement amphibie, bien qu’il présente des modifications uniques pour la manutention des drones. Au lieu d’un pont-garage standard, le navire utilise une configuration à fond ouvert dotée de douze bras verticaux de type « jack-up » et d’un berceau spécialisé pour lancer et récupérer les submersibles. Un hangar interne situé à l’avant du pont pourrait abriter jusqu’à quatre de ces drones massifs.

Drones sous-marins

L’approche de la Chine en matière de technologie sous-marine autonome est particulièrement ambitieuse. Le pays teste actuellement deux types de XXLUUV, mesurant entre 35 et 45 mètres, qui sont nettement plus grands — potentiellement six à huit fois plus grands — que le Boeing Orca utilisé par la marine américaine.

L’introduction d’un navire-mère mobile élimine le recours à des rampes de lancement à terre ou à des quais flottants fixes, permettant ainsi à ces drones d’être transportés et entretenus en eaux profondes, ce qui étend leur rayon d’action et réduit leur visibilité pendant le transit.

De nombreuses fonctionnalités

Sur le plan stratégique, ces sous-marins autonomes pourraient être utilisés pour la collecte de renseignements à long terme, la surveillance acoustique et le suivi des mouvements navals étrangers. En raison de leur taille imposante, ils pourraient également transporter des charges utiles importantes, telles que des torpilles ou des mines, et remplir ainsi des rôles habituellement réservés aux sous-marins habités.

Cette capacité pourrait permettre à la Chine de déployer des armes autonomes dans des régions éloignées, y compris au large de la côte ouest américaine, en cas de conflits géopolitiques.

L’avenir du combat maritime

La tendance vers une guerre navale sans équipage est déjà manifeste dans d’autres conflits mondiaux. Par exemple, l’Ukraine s’est récemment engagée dans ce qui est considéré comme la première bataille navale entre drones en mer Noire, au cours de laquelle un navire de surface télécommandé a réussi à neutraliser et à couler un navire russe. Les investissements de la Chine dans des infrastructures dédiées aux XXLUUV indiquent une volonté de mener la prochaine évolution du combat maritime grâce à l’intégration de plates-formes sous-marines autonomes de grande taille. (fc)

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