Principaux renseignements
- L’Allemagne cherche à obtenir des licences pour fabriquer localement des armes américaines de pointe.
- Les ministres de la Défense de l’Allemagne et des États-Unis souhaitent pallier les pénuries critiques de munitions en Europe.
- Boris Pistorius plaide en faveur d’une OTAN plus forte et fondée sur le consensus.
Lors d’une visite à Washington mardi, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, doit rencontrer son homologue américain, Pete Hegseth, afin d’explorer les possibilités d’un renforcement des partenariats dans le secteur de la défense. L’objectif principal est de remédier à la pénurie critique de capacités de frappe en profondeur et de munitions de défense aérienne en Europe.
Licences pour la production locale
Les deux responsables devraient officialiser un accord qui permettrait aux industriels européens de la défense de fabriquer, sous licence, certains types d’armement américain.
Le ministre Pistorius a souligné que la mise en commun des capacités industrielles des deux nations accélérerait la livraison d’équipements essentiels, renforçant ainsi la posture défensive et la préparation opérationnelle de l’OTAN et de ses États membres.
Armements de pointe
Alors que l’Allemagne produit déjà des composants pour l’avion F-35 et les missiles PAC-2, Berlin fait pression pour obtenir le droit de fabriquer localement les intercepteurs PAC-3 et les missiles de croisière Tomahawk, plus sophistiqués. Cependant, les grandes entreprises américaines du secteur de la défense, telles que RTX et Lockheed Martin, restent réticentes à accorder ces licences spécifiques.
Menace russe
Afin d’atténuer les risques immédiats pour la sécurité posés par la Russie, l’Allemagne s’est récemment engagée à acheter des missiles Tomahawk, bien que le volume exact et le calendrier de livraison soient encore en cours de finalisation. Parallèlement, les pays européens se livrent à une course effrénée pour créer leurs propres armes de précision à longue portée.
Par exemple, l’entreprise américaine Covenant a récemment annoncé la construction d’une usine près de Leipzig pour la production en série de missiles de croisière Anthem. De plus, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne mènent des initiatives distinctes visant à développer des moyens de frappe en profondeur pour contrer les missiles russes Iskander.
L’avenir de l’OTAN
Pistorius a souligné que le savoir-faire technique de pointe et la solide infrastructure industrielle de l’Allemagne constituaient des atouts essentiels pour l’expansion des capacités de production mondiales. Au-delà de l’industrie manufacturière, la réunion portera sur l’avenir de l’OTAN. Cela intervient dans un contexte de critiques formulées par le président Donald Trump concernant les dépenses de défense des pays membres.
Pistorius a affirmé que l’Allemagne était déjà le deuxième plus grand contributeur à la sécurité collective de l’OTAN après les États-Unis et a exprimé le souhait de voir l’Europe jouer un rôle plus important au sein de l’Alliance. Il avait précédemment rejeté l’idée selon laquelle l’OTAN devrait suivre sans réserve les directives de Washington, soutenant que l’organisation fonctionnait sur la base d’un consensus mutuel plutôt que selon les diktats d’une seule puissance. Cette position fait suite aux suggestions des États-Unis visant à créer un système de avantages à plusieurs niveaux pour les alliés, en fonction de leurs contributions financières à la défense. (fc)
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