Principaux renseignements
- La Chine a empêché une explosion des prix mondiaux en mobilisant ses réserves pétrolières nationales.
- L’AIE a coordonné des mises sur le marché de carburant d’une ampleur sans précédent afin de stabiliser les marchés internationaux.
- L’épuisement des stocks rend l’économie mondiale vulnérable à de futurs chocs.
L’économie mondiale a peut-être évité de justesse une catastrophe financière grâce aux manœuvres stratégiques de la Chine. Au début du conflit impliquant l’Iran, les experts du secteur prévoyaient que le prix du pétrole pourrait grimper jusqu’à 200 dollars le baril, en particulier si le détroit d’Ormuz restait bloqué.
Les analystes du groupe Macquarie et de FGE NexantECA ont averti que des perturbations prolongées pourraient entraîner des pénuries massives sur le marché, certains estimant la perte hebdomadaire à 100 millions de barils.
Réserves stratégiques de la Chine
Malgré ces prévisions alarmistes, les prix n’ont pas atteint ces sommets extrêmes. Paul Gruenwald, économiste en chef chez S&P Global Ratings, estime que Pékin a efficacement évité le pire scénario. Plutôt que de se disputer des approvisionnements mondiaux limités, la Chine a drastiquement réduit ses importations à des niveaux jamais vus depuis 2016, choisissant à la place de puiser dans ses vastes réserves internes.
En puisant dans un stock estimé à 1,4 milliard de barils, la Chine a réduit la pression sur le marché international, permettant ainsi à d’autres pays de s’approvisionner en pétrole brut sans provoquer une flambée des prix.
L’intervention internationale et ses conséquences
Cette stabilité a été renforcée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a organisé la plus importante libération de réserves de son histoire. Cette initiative a permis d’injecter 400 millions de barils sur le marché, les États-Unis y contribuant à hauteur de 172 millions de barils provenant de leur réserve stratégique de pétrole.
Si ces actions conjointes de la Chine et de l’AIE ont empêché un effondrement économique immédiat, elles ont toutefois laissé les réserves mondiales à des niveaux historiquement bas, exposant davantage le monde à de futurs chocs.
Un retour à la fragilité du marché
La situation actuelle évolue toutefois, la Chine ayant recommencé à acheter du pétrole, augmentant ainsi ses importations en provenance de pays comme le Canada et l’Angola. L’AIE ayant déclaré qu’aucune nouvelle libération de réserves n’était prévue, le marché devient de plus en plus fragile. Le Brent a déjà repassé la barre des 100 dollars le baril à la suite de la reprise des hostilités et des attaques contre des pétroliers.
Diversification
Pékin reste en position de force par rapport aux puissances occidentales grâce à la diversité de ses chaînes d’approvisionnement. Alors que le détroit d’Ormuz constitue un goulot d’étranglement pour beaucoup, la Chine maintient des flux stables via ses oléoducs et a intensifié ses achats de pétrole russe.
Cet avantage pourrait toutefois être temporaire, car les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes menacent de perturber l’une des principales sources alternatives de la Chine. (fc)
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