Principaux renseignements
- Les États-Unis investissent massivement dans la recherche d’une arme laser efficace pouvant être intégrée à des navires de guerre.
- Les lasers éliminent le risque logistique lié à la capacité limitée des magasins de missiles.
- Les besoins considérables en énergie et en refroidissement compliquent l’intégration à bord des navires.
La Marine américaine s’intéresse aux armes à énergie dirigée depuis la Guerre froide afin de remédier à une faille logistique critique de la guerre navale moderne : la capacité limitée des soutes à missiles.
De nombreux avantages
Un destroyer standard de classe Arleigh Burke est équipé d’environ 90 à 96 cellules de lancement vertical ; une fois ces missiles épuisés, le navire doit se replier pour se réapprovisionner, ce qui le rend vulnérable.
Les lasers constituent une alternative convaincante car ils se déplacent à la vitesse de la lumière, ne nécessitent aucune munition physique et ne consomment qu’une faible quantité d’électricité par engagement. Cela permettrait d’éliminer l’absurdité économique actuelle qui consiste à tirer des intercepteurs valant plusieurs millions de dollars sur des drones bon marché.
De la technologie chimique à la technologie électrique
Les premières tentatives de mise en œuvre de cette technologie se sont concentrées sur les lasers chimiques, qui offraient une puissance immense mais s’avéraient peu adaptés à une utilisation maritime. Les réactifs volatils, corrosifs et encombrants nécessaires à ces systèmes créaient des contraintes en matière de sécurité et de logistique qui l’emportaient sur les avantages liés au remplacement des missiles traditionnels.
En conséquence, la Marine est passée à des lasers à état solide alimentés électriquement. Cette transition a été validée dans les années 2010 avec le système d’arme laser (LaWS) embarqué à bord de l’USS Ponce. Bien que ce système de 30 kilowatts ait réussi à neutraliser de petites embarcations et des drones, il a servi de preuve de concept plutôt que de solution prête à être déployée dans la flotte.
Conception du faisceau haute puissance
Le passage d’un outil de démonstration à une arme prête au combat, comme le programme HELIOS, révèle d’importants obstacles techniques. Pour contrer des menaces plus sophistiquées, la Marine a besoin de faisceaux de l’ordre de plusieurs centaines de kilowatts.
Cependant, augmenter la puissance ne se résume pas à une simple mise à niveau. Les lasers à état solide sont inefficaces. Ils ne convertissent qu’une fraction de l’énergie électrique fournie en lumière et libèrent le reste sous forme de chaleur intense. Cela signifie qu’un faisceau de 100 kilowatts nécessite bien plus de 100 kilowatts d’électricité et requiert une infrastructure de refroidissement massive pour éviter toute défaillance du système.
L’intégration à bord des navires
Le principal obstacle réside dans le fait que les destroyers actuels n’ont pas été conçus pour supporter de telles charges. Les générateurs existants sont déjà mis à rude épreuve par la propulsion, les communications et les systèmes radar avancés tels que l’AN/SPY-6. L’intégration d’un laser à haute énergie nécessite une refonte totale de la gestion de l’énergie et de la gestion thermique.
Coûts de développement élevés
Si le coût de tir d’un laser est négligeable, le prix de son développement est astronomique. Selon les estimations, le programme initial pourrait coûter 1 milliard de dollars (862 millions d’euros) avant même qu’un seul navire ne soit équipé.
Malgré ces immenses dépenses d’acquisition et d’installation, la Marine poursuit ses recherches, motivée par la nécessité stratégique de disposer d’un stock inépuisable et d’un coût par tir viable. (fc)
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