Principaux renseignements
- La Russie redéploie le croiseur lance-missiles nucléaire modernisé « Amiral Nakhimov ».
- Son armement massif, comprenant notamment des missiles hypersoniques, confère au navire une puissance offensive inégalée.
- La guerre moderne menée par des drones menace la viabilité de ces navires coûteux et de grande envergure.
La Marine russe se prépare au redéploiement de l’« Admiral Nakhimov », un croiseur lance-missiles à propulsion nucléaire qui a fait l’objet d’une modernisation complète et coûteuse.
Dernière phase de test
Initialement mis en service sous le nom de « Kalinin » à l’époque soviétique, ce navire du projet 1144 avait été conçu pour rivaliser avec les groupes aéronavals américains. Après avoir passé plusieurs années en révision prolongée, qui a débuté vers 2014, le navire est entré dans sa phase finale d’essais et devrait reprendre ses fonctions opérationnelles sous peu.
Le retour d’un monstre soviétique
L’ampleur des améliorations apportées au navire a suscité un vif intérêt international, en particulier de la part de l’OTAN. Des analystes, notamment ceux du site chinois Sohu, qualifient le navire de « monstre soviétique » en raison de son déplacement colossal de 30 000 tonnes — dépassant de loin la taille des frégates japonaises contemporaines de la classe Mogami ou des destroyers américains de la classe Arleigh Burke.
Cette taille gigantesque lui permet d’embarquer un arsenal dévastateur que peu d’autres nations peuvent égaler sur une seule coque de surface.
Une puissance offensive impressionnante
Au cœur de sa puissance de combat se trouve un ensemble sophistiqué de lance-missiles composé de 80 cellules de lancement. Celles-ci sont équipées pour tirer une variété de munitions, notamment des missiles antinavires Oniks, des missiles de croisière Kalibr et le Tsirkon, un missile hypersonique de pointe. De plus, ses capacités défensives ont été renforcées par près de 100 missiles de défense aérienne à longue portée et divers systèmes à courte portée.
Certains observateurs estiment que la capacité offensive de ce navire à elle seule rivalise avec la puissance navale combinée d’un État membre de taille moyenne de l’OTAN.
Vulnérable face aux drones
Les spéculations vont bon train quant au futur théâtre d’opérations de ce croiseur. Il pourrait être stationné dans le Pacifique pour exercer une pression sur les forces navales américaines ou déployé dans l’Arctique pour protéger les frontières septentrionales de la Russie.
Alors que les experts occidentaux s’inquiètent de sa puissance de feu, certains critiques militaires font valoir que le coût de ce navire, qui s’élève à plusieurs milliards d’euros, pourrait être difficile à justifier. Le conflit en Ukraine a mis en évidence à quel point les grands navires de surface coûteux peuvent être facilement pris pour cible par des drones et des missiles de précision abordables.
Un pilier de la Flotte du Nord
Au-delà de ces débats, l’Amiral Nakhimov représente un atout stratégique unique. En combinant une autonomie opérationnelle pratiquement illimitée, grâce à sa propulsion nucléaire, à une charge utile massive en missiles, la Russie entend faire de ce croiseur un pilier essentiel de la Flotte du Nord. (fc)
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