18 000 repas et 1,5 million de litres d’eau potable par jour : voilà à quel point le déploiement d’un porte-avions à propulsion nucléaire est complexe


Principaux renseignements

  • Les réacteurs nucléaires fournissent une propulsion quasi illimitée pendant vingt-cinq ans.
  • Nourrir 5 000 membres d’équipage nécessite d’énormes livraisons quotidiennes de vivres et un budget mensuel de 1,5 million de dollars (1,3 million d’euros).
  • Les installations de dessalement transforment chaque jour 1,5 million de litres d’eau de mer en eau potable.

L’exploitation d’un porte-avions nucléaire de 100 000 tonnes est un défi logistique colossal qui passe souvent inaperçu aux yeux du grand public et des dirigeants politiques. Alors que les États-Unis disposent d’une formidable flotte de 11 navires de ce type, les récents conflits au Moyen-Orient ont mis en évidence la fragilité des systèmes de soutien, en particulier en situation de combat. La complexité de l’entretien de ces navires fait que même des perturbations mineures dans la chaîne d’approvisionnement peuvent entraîner des conséquences catastrophiques.

La puissance de la propulsion nucléaire

La propulsion du navire lui-même constitue la partie la plus efficace de l’opération. Les classes Gerald R. Ford et Nimitz utilisent toutes deux deux réacteurs alimentés en uranium hautement enrichi, générant 700 000 chevaux-vapeur.

Ces systèmes sont si puissants qu’ils ne nécessitent que 8,8 livres de combustible par semaine et peuvent fonctionner pendant environ un quart de siècle. Ce n’est qu’au bout de 25 ans qu’un navire revient au port pour une révision complète et un rechargement du réacteur.

Nourriture

Cependant, subvenir aux besoins du personnel est bien plus exigeant. Avec un effectif d’environ 5 000 personnes, la cuisine du navire doit produire plus de 18 000 repas par jour. Le volume de nourriture est tout simplement stupéfiant : les besoins quotidiens comprennent 1 600 livres de viande, 350 livres de laitue, 160 gallons de lait et 30 caisses de céréales.

Pour maintenir l’équipage en forme pendant ses quarts de 12 heures, le navire sert 20 000 tasses de café et enregistre 8 000 transactions aux distributeurs automatiques, distribuant ainsi 15 000 en-cas par jour. Cette opération culinaire coûte environ 65 000 dollars (56 000 euros) par jour, soit un total d’environ 1,5 million de dollars (1,3 million d’euros) par mois.

L’eau

L’eau est une autre ressource essentielle gérée grâce à la technologie. En utilisant la chaleur des réacteurs nucléaires, les usines de dessalement embarquées transforment l’eau de mer en 1,5 million de litres d’eau potable chaque jour.

Malgré ce rendement élevé, l’eau reste une denrée précieuse, obligeant souvent les membres d’équipage à limiter leurs douches à 10 litres.

Carburant

Enfin, le porte-avions doit approvisionner ses moyens aériens et ses navires d’escorte. Alors que le navire est à propulsion nucléaire, ses avions et hélicoptères fonctionnent au carburant aviation JP-5. Le porte-avions stocke jusqu’à six millions de gallons de ce carburant dans ses réservoirs internes et peut se ravitailler en pleine mer, en embarquant 1,3 million de gallons (près de 5 millions de litres) par des flexibles tout en naviguant à 20 nœuds.

De plus, le porte-avions sert de centre de ravitaillement pour les navires d’escorte non nucléaires de son groupe de frappe. Compte tenu de ces besoins immenses, on comprend aisément pourquoi le maintien des normes opérationnelles et du moral de l’équipage devient un véritable combat lors de missions prolongées ou dans des conditions difficiles en zones hostiles. (fc)

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