Principaux renseignements
- Les Islandais voteront pour décider si les négociations d’adhésion à l’UE doivent reprendre.
- L’instabilité géopolitique est à l’origine de cette nouvelle volonté d’intégration européenne.
- Les droits de pêche restent le principal obstacle à une adhésion réussie.
L’Islande est actuellement confrontée à une décision cruciale alors que ses citoyens se rendent aux urnes pour déterminer si les négociations d’adhésion à l’Union européenne doivent être relancées. Ce vote intervient après une longue période d’hésitation qui a débuté à la suite de l’effondrement financier de 2009. À l’époque, le gouvernement islandais avait cherché à adhérer à l’UE afin de stabiliser l’économie du pays et de se remettre d’une crise bancaire qui avait déclenché un malaise général au sein de la population.
Le monde a changé d’aspect
Bien que l’UE et le Royaume-Uni aient initialement soutenu cette candidature, et que les responsables aient à un moment donné prévu une adhésion en 2011, le processus s’est enlisé. À la suite d’un changement de gouvernement, l’Islande a gelé sa candidature en 2013, établissant que seul un référendum national pourrait relancer les négociations.
Aujourd’hui, un contexte mondial en mutation — marqué par les politiques affirmées de dirigeants tels que Poutine, Xi Jinping et Trump — a poussé l’Islande à réévaluer sa position sur la scène internationale, à l’image des récents revirements en matière de sécurité observés en Finlande et en Suède.
Le chemin vers l’adhésion
Les sondages actuels indiquent un électorat profondément divisé, les partisans et les opposants à la candidature restant à peu près à égalité. Si le public vote en faveur de l’adhésion, Bruxelles est prête à donner la priorité à ce processus. Des hauts responsables, dont la ministre des Affaires étrangères Kaja Kallas, ont indiqué que les négociations pourraient reprendre relativement rapidement.
L’Islande ayant déjà clôturé 11 des 33 chapitres d’adhésion requis avant la suspension des négociations, le pays a parcouru environ un tiers du chemin menant à son adhésion. À titre de comparaison, le Monténégro a clôturé 18 chapitres et espère adhérer d’ici 2028.
La pêche
Le principal obstacle reste la gestion des eaux de pêche. Alors que la demande initiale avait été déposée à condition que l’Islande conserve un contrôle exclusif sur ses pêcheries, ce sujet reste sensible. Bien que le départ du Royaume-Uni de l’UE puisse réduire la pression sur ce point, le Danemark pourrait encore soulever des inquiétudes en raison de ses relations avec les îles Féroé.
Des enjeux majeurs pour le bloc
Les enjeux de ce vote sont considérables. Un rejet signifierait probablement la fin des ambitions européennes de l’Islande dans un avenir prévisible, car il est peu probable qu’un catalyseur futur soit plus convaincant que l’instabilité géopolitique actuelle. Un tel résultat remettrait également en cause le discours de l’UE selon lequel son processus d’élargissement reste une perspective attrayante pour les nations voisines.
D’un point de vue pratique, ce partenariat semble mutuellement avantageux. L’Islande contribuerait davantage au budget de l’UE qu’elle n’en recevrait, et sa petite taille garantit qu’elle ne perturberait pas l’équilibre du Parlement européen. Pour l’Islande, l’adhésion offre une plus grande stabilité et la possibilité d’adopter l’euro, ce qui protégerait le pays de la volatilité historique de sa monnaie. Compte tenu des pressions liées à la transformation numérique et au changement climatique, les avantages de l’intégration sont considérables. Le référendum de ce week-end pourrait être la dernière occasion pour l’Islande de s’assurer une place en tant que 28e membre de l’Union. (fc)
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