Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme


Principaux renseignements

  • Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme.
  • Cette décision ouvre la voie aux investissements étrangers et à la réintégration financière mondiale.
  • Damas a accepté de réduire ses importations de pétrole russe pour garantir ce revirement diplomatique.

Dans le but de renforcer leurs relations avec la nouvelle administration de Damas, les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme.

Les États-Unis envisagent une nouvelle orientation pour la Syrie

Cette décision, annoncée par le Trésor américain, fait suite à une période de 45 jours réservée à l’examen du Congrès, après que le président Donald Trump eut exprimé, début juillet, son intention de mettre fin à cette désignation.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a souligné que ce revirement reconnaissait les efforts déployés par le président Ahmed al-Sharaa pour garantir que la Syrie reste à l’écart des activités terroristes internationales.

Ouvrir la voie à la reconstruction

Pour le gouvernement syrien, ce changement représente la levée du principal obstacle à l’afflux de capitaux étrangers. Le ministre des Affaires étrangères, Asaad al-Shibani, a indiqué que cette mesure permettait au pays de se réintégrer dans le cadre économique et financier mondial, ouvrant ainsi la voie à la croissance des entreprises et à la reconstruction nationale.

La Syrie figurait sur cette liste depuis 1979, un statut qui s’était maintenu tout au long de l’ère de Hafez al-Assad et qui a perduré jusqu’au renversement de Bachar al-Assad en 2024 par les forces placées sous le commandement du président al-Sharaa.

Changement dans les classifications mondiales

La liste mise à jour ne contient désormais plus que trois pays : la Corée du Nord, l’Iran et Cuba. De plus, les États-Unis ont cessé de classer le Front al-Nosra parmi les entités terroristes mondiales spécialement désignées.

Alors que l’administration Trump avait déjà mis fin aux sanctions générales contre la Syrie en juillet 2025 – ne conservant que des sanctions spécifiques à l’encontre des auteurs de violations des droits de l’homme, des trafiquants de drogue et des vestiges d’Al-Qaïda ou de Daech – , l’étiquette de « pays soutenant le terrorisme » continuait de dissuader les banques internationales et les investisseurs privés en raison des risques juridiques.

Retour à Global Finance

Les développements récents laissent entrevoir un intérêt croissant pour les opportunités syriennes. Le ministère syrien des Finances a récemment révélé qu’il menait des discussions avec Bank of America concernant le retour du pays dans le système financier mondial.

De plus, Mastercard a déjà entamé une collaboration avec la Banque centrale syrienne et le groupe QNB afin de mettre en place les bases nécessaires aux systèmes de paiement internationaux, se positionnant ainsi comme un pionnier de la reprise économique du pays.

Revirements diplomatiques 

Le revirement diplomatique fait suite à des réunions de haut niveau entre Trump et al-Sharaa à Ankara, au cours desquelles le président syrien s’est engagé à éliminer les obstacles à la reconstruction.

Selon certaines informations, cette levée de l’embargo s’inscrivait dans le cadre de négociations plus larges au cours desquelles Damas a accepté de réduire considérablement sa dépendance vis-à-vis des importations de pétrole russe.

Malgré le passé d’al-Sharaa en tant qu’ancien dirigeant du Front al-Nosra, le gouvernement américain a salué le partenariat de son administration actuelle dans la lutte contre l’État islamique et estime que l’assouplissement des restrictions favorisera la stabilité et attirera les milliards de dollars nécessaires à la reconstruction après plus d’une décennie de conflit.

(at)

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