Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni a déclassifié des données sensibles sur le missile SCALP afin de permettre une production locale en Ukraine.
- Ce changement de politique lève les obstacles juridiques empêchant la France et l’Ukraine d’assembler ces armes sur leur territoire d’ici 2026.
- La fabrication locale réduit la dépendance de Kiev vis-à-vis des livraisons occidentales pour les frappes à longue portée.
Dans le cadre d’une initiative stratégique visant à renforcer les capacités de défense de Kiev, le Royaume-Uni a accepté de déclassifier des données sensibles concernant les composants de fabrication britannique du missile de croisière à longue portée SCALP.
MBDA
Selon un article de Reuters, cette autorisation permet au sous-traitant de défense MBDA de partager des spécifications techniques qui étaient auparavant confidentielles. Ce changement de politique devrait être officiellement annoncé lors de la première visite à l’étranger du Premier ministre Andy Burnham en Ukraine.
Levée des obstacles à la production
Cette décision lève un obstacle juridique et technique majeur à la fabrication locale de ces armes. Le système SCALP étant le fruit d’une collaboration entre le Royaume-Uni et la France, cette dernière n’avait pas, à elle seule, l’autorité nécessaire pour fournir l’ensemble des plans requis pour l’assemblage national.
Grâce à l’accord britannique, la France et l’Ukraine peuvent désormais poursuivre leur objectif de commencer à assembler les missiles sur le sol ukrainien, la date butoir étant fixée avant la fin de l’année 2026.
Storm Shadow
Le SCALP EG, connu au sein de l’armée britannique sous le nom de Storm Shadow, est issu d’une collaboration menée dans les années 1990 et s’inspirant de la conception du missile Apache. Bien que les deux pays utilisent des logiciels et des systèmes d’intégration aux aéronefs distincts, les missiles partagent une cellule et une technologie de base identiques.
Physiquement, cette arme mesure environ 5,1 mètres de long, pèse environ 1 300 kilogrammes et possède une envergure de trois mètres. Alors que les modèles destinés à l’exportation affichent une portée supérieure à 250 kilomètres, les versions utilisées par les forces européennes atteindraient, selon certaines estimations, jusqu’à 550 kilomètres.
Réduire la dépendance
Kiev a déjà utilisé ces missiles de croisière pour frapper des cibles russes stratégiques, telles que des bases aériennes, des dépôts de munitions et des centres de commandement situés au cœur du territoire ennemi. En transférant l’assemblage vers des installations locales, l’Ukraine vise à réduire sa dépendance vis-à-vis des livraisons occidentales irrégulières et à renforcer sa capacité à mener des frappes à longue portée de manière soutenue.
De plus, cette initiative vient compléter les efforts existants, tels que le partenariat entre MBDA et le bureau d’études Luch visant à créer le Neptune-2, un missile de croisière de nouvelle génération. (fc)
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