La Chine progresse dans la course à l’espace grâce à des avancées majeures en matière de fusées réutilisables


Principaux renseignements

  • La Chine a réalisé des avancées majeures dans le développement de fusées réutilisables, grâce à des techniques de récupération aussi bien sur terre qu’en mer.
  • Les propulseurs fonctionnant au méthane réduisent considérablement les coûts de lancement et permettent d’effectuer des lancements plus fréquents.
  • Le développement rapide des capacités spatiales de la Chine pourrait remettre en cause la domination militaire des États-Unis dans le Pacifique.

La Chine développe rapidement ses capacités de transport orbital et a récemment réalisé deux avancées majeures dans le domaine des fusées réutilisables.

Récupération de terres et de zones marines

La société privée LandSpace a mené à bien la première récupération terrestre du pays d’un propulseur à l’aide du véhicule ZhuQue-3 (ZQ-3). Cette étape importante fait suite à une récupération en mer effectuée le mois dernier par la société d’État China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), qui a utilisé un navire spécialisé et un système de filets pour récupérer un propulseur Long March 10B.

L’ingénierie du ZhuQue-3

Le ZQ-3 est une fusée à deux étages mesurant environ 66 mètres de haut et 4,5 mètres de large, capable de placer plus de 14 tonnes métriques en orbite terrestre basse.

Son architecture, dotée d’ailettes stabilisatrices et de pieds d’atterrissage déployables, présente de fortes similitudes avec la Falcon 9 développée par SpaceX. Cependant, LandSpace affirme que le châssis en acier inoxydable du ZQ-3 rend sa fabrication plus économique.

De plus, la fusée utilise un mélange de méthane liquide et d’oxygène liquide comme propergol, ce qui améliore son rendement et réduit les résidus dans les moteurs, facilitant ainsi sa réutilisation.

Réutilisabilité

Alors que LandSpace cible le secteur commercial et que la CASC se concentre sur des objectifs civils — tels que les missions lunaires et la station Tiangong —, ces avancées techniques ont de profondes implications stratégiques.

La capacité à réutiliser les propulseurs réduit considérablement le coût de l’accès à l’espace et augmente la fréquence des lancements. Une telle capacité permettrait à la Chine de déployer plus rapidement d’immenses constellations de satellites, érodant ainsi un avantage majeur dont disposent actuellement les États-Unis.

L’équilibre géopolitique des pouvoirs

Les enjeux géopolitiques sont considérables, car l’armée américaine s’appuie depuis longtemps sur la rentabilité et le rythme élevé des lancements assurés par SpaceX. En réduisant cet écart, la Chine peut mieux financer ses initiatives en matière de sécurité nationale grâce aux bénéfices commerciaux, tout en accélérant sa présence spatiale militaire.

Préoccupations américaines 

Les responsables militaires américains ont exprimé leur inquiétude face au rythme de ces développements. Le général Stephen Whiting, du Commandement spatial américain, a récemment qualifié les progrès de la Chine de « d’une rapidité à couper le souffle ».

Cette accélération est évidente au vu du volume considérable de matériel chinois en orbite. Depuis 2013, la Chine a fait passer sa flotte de satellites de moins de 100 à environ 1 900. Une part importante de ceux-ci est constituée de moyens de télédétection conçus pour suivre les mouvements navals et aériens américains dans le Pacifique afin de soutenir des armements à longue portée.

Une nouvelle ère de concurrence spatiale

Alors que la Chine continue de maîtriser les systèmes de lancement réutilisables, les États-Unis réagissent en recherchant de nouvelles capacités antisatellites. Les récents succès de LandSpace et de la CASC indiquent que la Chine passe des essais théoriques à l’application opérationnelle des propulseurs réutilisables, ce qui alimente encore davantage ses ambitions spatiales.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus