Maersk et Hapag-Lloyd reprennent le service de conteneurs AE19 via le canal de Suez


Principaux renseignements

  • Maersk et Hapag-Lloyd ont réacheminé le service AE19 vers le canal de Suez afin de réduire la durée du trajet d’un mois.
  • La stratégie d’acheminement reste prudente, car les risques sécuritaires et la surcapacité de la flotte entravent une reprise à grande échelle.
  • L’Égypte a désespérément besoin de ce trafic pour rétablir ses recettes étrangères vitales et l’efficacité de son commerce international.

Maersk et Hapag-Lloyd ont relancé le service de conteneurs AE19, qui relie l’Europe, l’Arabie saoudite, la région méditerranéenne et l’Asie, via le canal de Suez. Cette coentreprise, dont l’itinéraire passait auparavant par le cap de Bonne-Espérance, a entamé son voyage avec la traversée vers l’ouest du Berlin Maersk. Selon Hapag-Lloyd, ce changement devrait permettre de réduire la durée du trajet d’environ un mois.

Un changement stratégique mesuré

Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie et ne constitue pas un revirement complet du réseau. Depuis début juillet, Maersk a réintroduit quatre de ses services, AE15, MECL, WAF6 et désormais AE19, via le canal. Parallèlement, neuf autres itinéraires potentiels continuent de contourner la mer Rouge. Hapag-Lloyd a souligné qu’il s’agissait d’un ajustement spécifique à un seul service. La compagnie a précisé que les choix d’itinéraires futurs dépendront de la faisabilité opérationnelle, des conséquences pour les clients et des évaluations de sécurité continues.

Mise en garde contre une reprise totale

Les experts du secteur mettent en garde contre le risque de considérer ces changements comme le signe d’une reprise totale. Simon Heaney, de la société maritime Drewry, suggère, lors d’une interview accordée à Euronews, qu’un retour significatif du trafic maritime entre l’Asie et l’Europe est peu probable tant que le conflit plus large au Moyen-Orient et la situation dans le détroit d’Ormuz ne seront pas résolus. Il prévoit une transition progressive, qui commencera par les expéditions en provenance d’Europe contenant des marchandises de moindre valeur afin de minimiser les risques.

L’impact économique

Au-delà de la sécurité, les facteurs économiques jouent un rôle déterminant dans la lenteur de la reprise. La route africaine nécessitant davantage de navires pour respecter les horaires, un retour massif et soudain vers le canal de Suez entraînerait un excédent de navires. Combiné à la livraison de nombreux nouveaux navires, un tel mouvement pourrait déclencher une forte baisse des taux de fret.

Conséquences

Pour l’Égypte, la reprise du trafic maritime revêt une importance vitale. Le canal constitue en effet une source majeure de recettes étrangères et représente la liaison la plus rapide entre l’Asie et l’Europe. L’Autorité du canal de Suez a activement encouragé les compagnies maritimes à revenir, en mettant en avant les économies de coûts et les gains d’efficacité. Le passage de navires ultra-grands tels que le CMA CGM Vendôme témoigne déjà d’une légère augmentation du trafic. Toutefois, les experts estiment que la reprise de quelques liaisons ne signifie pas pour autant un retour à la normale pour l’ensemble du réseau maritime. (ev)

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