La Hongrie réexamine un accord nucléaire avec Rosatom


Principaux renseignements

  • La Hongrie réexamine un accord sur l’énergie nucléaire avec la Russie d’une valeur de 10 milliards d’euros.
  • De graves sécheresses paralysent la production d’électricité en asséchant le Danube.
  • Des défaillances récentes des systèmes de refroidissement mettent en évidence la conception obsolète du projet.

Le gouvernement hongrois réexamine un accord de grande envergure, d’une valeur de 10 milliards d’euros, conclu avec Rosatom, l’entreprise publique russe spécialisée dans l’énergie nucléaire, visant à accroître la production d’énergie nucléaire du pays. Le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, s’est montré sceptique à l’égard de ce projet. Celui-ci constituait une pierre angulaire de la stratégie de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán. Visant à maintenir des liens énergétiques et diplomatiques solides avec Moscou, même après l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Une crise environnementale menace la stabilité énergétique

L’urgence de cette révision est soulignée par une grave crise environnementale. Une sécheresse persistante et une canicule intense ont fait chuter le niveau du Danube à un niveau historiquement bas, ce qui a de graves conséquences sur la production d’énergie. À la centrale nucléaire de Paks, qui produit normalement un tiers de l’électricité de la Hongrie, la production a chuté à environ 10 pour cent. Magyar a averti qu’un arrêt complet de la centrale pourrait contraindre le pays à dépenser pas moins de 544 millions d’euros pour des importations d’électricité d’urgence.

Controverses sur la conception et l’avancement des travaux

Magyar a critiqué le projet d’extension prévu. Il a fait valoir que les normes mondiales modernes ne sont plus favorables aux centrales qui ne disposent pas de systèmes de refroidissement fermés et qui restent trop dépendantes de leur environnement. Le PDG de Rosatom, Alexei Likhachev, a affirmé que les travaux sur l’unité 5 étaient en grande partie achevés et que le projet avançait comme prévu. Magyar a toutefois contesté ces affirmations. Il a fait remarquer que l’extension aurait dû être opérationnelle en 2024. Au lieu de cela, il a décrit le site actuel comme n’étant rien de plus que « deux grands fossés en béton » et des espaces de stockage.

Changements d’alliances

La nouvelle administration examine désormais de près le financement du projet et la technologie de refroidissement utilisée. Ce revirement intervient alors que l’Union européenne soutient la Hongrie et la Slovaquie dans leurs efforts pour mettre fin à leur dépendance au pétrole russe en raison des vulnérabilités de l’oléoduc Druzhba.

Roumanie

Des difficultés énergétiques similaires liées au climat apparaissent en Roumanie. Le faible niveau des eaux du Danube a récemment contraint à la fermeture du dernier réacteur en service de la centrale de Cernavodă. Les pompes de refroidissement ne pouvant plus fonctionner. En conséquence, l’entreprise publique Nuclearelectrica a dû importer de l’électricité depuis l’Ukraine via la Moldavie. (ev)

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