Principaux renseignements
- Le contrôle technique sera simplifié, mais les nouvelles règles comportent de nombreuses conditions inattendues qui détermineront si vous devrez réellement vous y rendre moins souvent à l’avenir.
- Le nombre de véhicules recalés a atteint un niveau record en 2025, transformant un contrôle de routine en une mauvaise surprise coûteuse.
- Une possibilité étonnante de l’autre côté de la frontière linguistique pousse certains automobilistes à repenser leur stratégie de contrôle technique.
À partir du 1er septembre 2026, les conducteurs de voitures particulières en Flandre qui doivent se présenter au contrôle technique seront confrontés à une série de changements importants. La principale : pour les voitures particulières, le contrôle annuel disparaît au profit d’une périodicité bisannuelle, tandis que les règles relatives aux contre-visites, aux contrôles des attelages et aux irrégularités administratives s’assouplissent. À partir du 1er janvier 2027, un changement important entrera également en vigueur pour les vendeurs de voitures d’occasion.
Business AM vous résume la situation : des contrôles moins fréquents signifient moins de frais et de formalités administratives, mais un « carton rouge » peut toujours entraîner un revers financier considérable.
Cette réforme résulte d’une harmonisation progressive des règles flamandes en matière de contrôle technique avec le cadre européen. Le 10 juillet 2026, le gouvernement flamand a donné son accord définitif à cette réforme. Selon le gouvernement, les règles flamandes sont ainsi alignées sur la directive européenne sur plusieurs points, tandis que, entre autres, les restrictions d’âge et de kilométrage pour le contrôle technique bisannuel des voitures particulières sont supprimées.
À partir du 1er septembre : ce sont surtout les voitures particulières qui seront contrôlées moins souvent
Pour la plupart des automobilistes particuliers, le passage à un contrôle technique tous les deux ans constitue le changement le plus important. À partir du 1er septembre 2026, cette périodicité s’appliquera à toutes les voitures particulières, quels que soient leur âge ou leur kilométrage. La Flandre avait déjà mis en place progressivement le contrôle technique bisannuel. Cette extension est désormais achevée.
Les délais changent également pour d’autres véhicules. Les camionnettes et les véhicules utilitaires légers passeront progressivement, entre 2026 et 2028, d’un contrôle annuel à un contrôle bisannuel. Les taxis et les ambulances passeront d’un contrôle semestriel à un contrôle annuel. Les véhicules agricoles de catégorie Tb et les véhicules forains passeront à un contrôle bisannuel, tandis que les bus seront désormais contrôlés chaque année.
Il y a toutefois un point crucial. L’allongement de la période de contrôle ne s’applique pas automatiquement à toute personne se rendant au centre de contrôle après le 1er septembre. Le véhicule doit être contrôlé à partir du 1er septembre et disposer, au moment du contrôle, d’un certificat de contrôle valide dont la durée de validité est normale. Les personnes qui se présenteront avant le 1er septembre 2026 resteront soumises à l’ancienne réglementation. Il en va de même lorsque le certificat de contrôle technique est déjà périmé ou lorsque l’on revient après le 1er septembre pour un nouveau contrôle à la suite d’un contrôle complet effectué avant le 1er septembre.
En pratique, cela signifie que ceux qui pensent pouvoir dépasser la date d’expiration afin de bénéficier rapidement de deux années supplémentaires de validité seront déçus. Un certificat de contrôle technique périmé ne donne pas droit à la nouvelle période de validité plus longue.
Le contrôle de l’attelage devient également moins coûteux
À partir du 1er septembre, le contrôle technique obligatoire distinct après le montage d’un attelage disparaîtra également. Un véhicule équipé d’un attelage bénéficiera de la même période de validité que celui qui n’en est pas équipé. Ceux qui souhaitent tout de même faire contrôler leur attelage séparément peuvent toujours le faire à titre volontaire.
À première vue, cela peut sembler un détail, mais il s’agit bel et bien d’une économie pour les automobilistes qui font installer un attelage.
Il s’agit là aussi d’un choix explicite du gouvernement flamand de supprimer les règles qui, selon lui, n’apportent guère de valeur ajoutée. La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), avait déjà déclaré en juillet 2025 que la Flandre souhaitait se débarrasser de ce qu’elle qualifiait de « gold plating » : des règles plus strictes que celles prescrites par l’Europe, sans que cela n’apporte, selon le gouvernement, de gains suffisants en matière de sécurité ou d’environnement. L’ambition était alors claire : moins d’obligations là où c’est possible et plus de services là où c’est nécessaire.
Cette réforme plus large va d’ailleurs plus loin. Le gouvernement flamand souhaite également, à terme, donner aux garages la possibilité d’effectuer des contrôles techniques, à condition qu’ils respectent les normes de qualité requises. Cette réforme plus ambitieuse sera mise en œuvre d’ici 2028. La mise en place d’une base de données numérique centrale et le suivi des centres de contrôle, notamment en ce qui concerne les délais d’attente et les marges d’erreur, font également partie des projets.
Deux mois au lieu de quinze jours en cas de défaut majeur
Pour l’automobiliste qui reçoit une mauvaise nouvelle lors du contrôle technique, un changement important intervient également. En cas de défaut majeur, le conducteur disposera, à compter du 1er septembre, d’un délai de deux mois pour faire réparer le problème et présenter à nouveau le véhicule au contrôle. Aujourd’hui, ce délai est encore de quinze jours.
Cela ne signifie toutefois pas qu’un « carton rouge » devienne soudainement anodin. En cas de certificat de contrôle technique rouge pour cause de défaut grave, le véhicule doit toujours être réparé dans les plus brefs délais. En cas d’interdiction de circulation, le véhicule ne peut plus effectuer que le trajet le plus court entre le domicile, le garage et le centre de contrôle technique.
Le certificat de contrôle technique temporaire de trois mois délivré pour des irrégularités administratives disparaît également. En cas de telles irrégularités, le propriétaire se voit à nouveau délivrer un certificat de contrôle technique dont la durée de validité est normale.
Le carton rouge reste un risque financier
L’assouplissement de la fréquence des contrôles ne signifie pas que la Flandre soit devenue moins stricte en matière de sécurité technique. Au contraire : les chiffres relatifs aux refus montrent qu’un contrôle technique peut toujours représenter un risque financier important.
Selon une analyse d’Auto55 plus de 60 000 voitures ont reçu un « carton rouge » en Flandre en 2025. D’après cette publication, cela ne s’était jamais produit auparavant. Le renforcement des contrôles sur les filtres à particules diesel a joué un rôle déterminant.
Gocar a également souligné le nombre record de « cartons rouges ». En Flandre, cela concerne les véhicules qui sont immédiatement retirés de la circulation, le propriétaire n’étant en principe autorisé à effectuer que le trajet court autorisé jusqu’à son domicile, son garage ou le centre de contrôle technique.
Le contrôle du filtre à particules joue ici un rôle prépondérant. Depuis juillet 2022, la Flandre effectue un test de comptage des particules sur les voitures diesel. Selon les informations actuelles fournies par la Flandre, un véhicule présentant un résultat négatif à partir d’un million de particules fines par centimètre cube peut se retrouver dans une procédure pouvant aboutir à un certificat de contrôle technique « rouge » et à une interdiction de circulation.
Cela concerne surtout les propriétaires de véhicules diesel plus anciens. La Flandre prévient en outre qu’un filtre à particules défectueux ou trafiqué peut entraîner un certificat de contrôle technique « rouge ».
Et puis, il existe un étonnant détour par la Wallonie
L’approche plus stricte de la Flandre a un effet secondaire remarquable : l’apparition de ce qu’on appelle les « touristes du contrôle technique ». En effet, le contrôle technique des véhicules relève en Belgique d’une compétence régionale, ce qui fait que la Flandre et la Wallonie n’appliquent pas exactement les mêmes normes.
Gocar a indiqué en mars 2026 que la Flandre avait enregistré environ 285 000 contrôles de moins en 2025, tandis que la Wallonie en avait effectué environ 30 000 de plus. Une partie de cette différence s’explique par des périodes de contrôle plus longues, mais selon l’analyse, la différence de normes joue également un rôle.
Cette différence est particulièrement pertinente en ce qui concerne le contrôle du filtre à particules. En Flandre, le test plus strict au compteur de particules s’applique aux véhicules diesel plus anciens à partir de la norme Euro 5a, tandis que la Wallonie n’applique cette exigence plus stricte qu’à partir de la norme Euro 5b. De ce fait, des véhicules refusés en Flandre peuvent, dans certaines circonstances, passer le contrôle en Wallonie.
Il existe donc une possibilité légale : un véhicule refusé en Flandre peut être amené dans un centre de contrôle wallon pour y subir un contrôle complet. Selon Auto55, il faudra pour cela demander et payer un contrôle complet ; un simple nouveau contrôle ne pourra être effectué qu’auprès du même centre de contrôle. Le certificat délivré en Wallonie est ensuite valable dans toute la Belgique.
Cela ne signifie évidemment pas que le problème technique soit réellement résolu.
Combien coûte le contrôle technique à partir de 2026 ?
Les tarifs publiés par KM.be et applicables à partir de janvier 2026 donnent une bonne idée des coûts. Les principaux tarifs pour les automobilistes particuliers sont les suivants :
| Prestation | Tarif 2026 |
|---|---|
| Voiture particulière | €40,90 |
| Véhicule utilitaire léger, PTAC ≤ 3,5 tonnes | €46,10 |
| Remorque ≤ 3,5 tonnes | €40,90 |
| Bus ou véhicule > 3,5 tonnes | €71,90 |
| Contrôle technique de rattrapage | €16,40 |
| Contrôle administratif de rattrapage | €10,40 |
| Contrôle environnemental essence/GPL/GNV | €5,20 |
| Contrôle environnemental diesel | €15,60 |
| Duplicata | €16,40 |
La facture finale est constituée des différentes prestations facturées lors du contrôle technique. En cas de retard dans le contrôle, une majoration s’ajoute à ce montant : 10,40 euros au cours du premier mois, 14,90 euros au cours des deuxième et troisième mois, 22,30 euros du quatrième au sixième mois et 37,20 euros après six mois.
Exemple : pour une voiture particulière à essence, le coût du contrôle technique de base s’élève à 40,90 euros. À cela s’ajoute un contrôle environnemental de 5,20 euros, ce qui porte le montant total du contrôle technique périodique à 46,10 euros, TVA comprise. L’avantage financier de la réforme ne vient donc pas principalement d’une baisse du prix par visite, mais du fait que, pour de nombreux véhicules, le contrôle ne sera désormais nécessaire que tous les deux ans.
1er janvier 2027 : fin du contrôle technique obligatoire des véhicules d’occasion
Une autre date importante pour les acheteurs et les vendeurs est le 1er janvier 2027.
À partir de cette date, le contrôle technique obligatoire des véhicules d’occasion sera supprimé pour les ventes de véhicules effectuées en Belgique. Ce contrôle restera toutefois obligatoire pour les véhicules importés de l’étranger. Un vendeur qui souhaite tout de même faire effectuer un contrôle technique supplémentaire peut le faire à titre volontaire dans le cadre d’un contrôle périodique anticipé.
Pour les motos également, le contrôle technique obligatoire des véhicules d’occasion disparaîtra, avec la même exception pour les véhicules importés. Le Car-Pass reste toutefois important lors de la vente d’un véhicule.
Pour le consommateur, cela se traduit surtout par une réduction des formalités administratives et une économie potentielle en cas de vente sur le marché national. Dans le même temps, une partie de la responsabilité est transférée à l’acheteur et au vendeur : toute personne qui achète une voiture devra s’assurer encore plus rigoureusement de l’état technique du véhicule.
Moins de contrôles, mais une vigilance toujours indispensable
La réforme rend le contrôle technique nettement plus simple pour les automobilistes. À partir du 1er septembre 2026, de nombreux véhicules devront se rendre moins souvent au centre de contrôle technique, le contrôle spécifique des attelages disparaîtra et les conducteurs disposeront de plus de temps pour réparer leur véhicule après la constatation d’un défaut majeur. À partir du 1er janvier 2027, le contrôle obligatoire des véhicules d’occasion lors d’une vente sur le marché national sera en outre supprimé.
Mais ceux qui pensent que cette réforme signifie que la Flandre abaisse ses exigences techniques doivent y réfléchir à deux fois. Les chiffres records concernant les « cartons rouges » montrent justement le contraire. Les propriétaires de voitures diesel plus anciennes, en particulier, auraient tout intérêt à faire vérifier au préalable l’état de leur filtre à particules et d’autres composants techniques. Sinon, un contrôle périodique bon marché pourrait se solder par une facture de garage bien plus coûteuse.
Le grand changement à partir de septembre n’est donc pas la disparition du contrôle technique, mais le fait que la Flandre souhaite l’utiliser de manière plus sélective : moins souvent pour les véhicules en règle, plus de temps pour ceux qui doivent réparer un défaut grave et moins d’obligations administratives. La facture pour l’automobiliste pourrait ainsi diminuer, mais un refus reste un risque qui ne disparaît pas simplement avec une période de contrôle plus longue.
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