Le gouvernement belge fait appel à des influenceurs pour lutter contre la haine en ligne ; une nouvelle législation est également en préparation


Principaux renseignements

  • Les influenceurs mandatés par le gouvernement sensibiliseront les jeunes à la manière de signaler les discours de haine en ligne.
  • De nouveaux instruments juridiques devraient permettre de démasquer les auteurs anonymes d’attaques sur les réseaux sociaux.
  • Les victimes peuvent désormais demander la divulgation de l’identité de l’auteur dès le premier message haineux.

Pour lutter contre la montée du cyberharcèlement et de la toxicité numérique, le gouvernement fédéral lance une nouvelle initiative faisant appel à des influenceurs sur les réseaux sociaux. Rob Beenders, ministre de l’Égalité des chances, a expliqué sur VRT NWS et De Standaard que la publicité gouvernementale traditionnelle, telle que les panneaux d’affichage ou les spots télévisés, ne parvient souvent pas à trouver un écho auprès des jeunes. Par conséquent, l’administration investit environ 33 396 euros pour s’associer à des créateurs disposant de solides communautés en ligne.

À partir de septembre, ces influenceurs partageront des témoignages personnels afin de sensibiliser les jeunes à la manière de signaler les discours de haine et de souligner que les abus en ligne sont inacceptables.

Lutte contre la discrimination numérique

Un essai préliminaire a été mené en avril avec l’influenceur Kobe Peeters, qui a mis en évidence que les attaques anonymes découlent souvent de l’antisémitisme, du racisme, du sexisme et de la phobie envers la communauté LGBTQIA+. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action plus large approuvé en juillet visant à protéger la communauté LGBTQIA+, qui est fréquemment confrontée à la discrimination non seulement dans les milieux professionnels et les établissements de santé, mais aussi sur les plateformes numériques.

L’objectif est d’orienter les victimes vers les canaux officiels de signalement, notamment l’Institut pour l’égalité entre les hommes et les femmes et Unia.

Renforcement de la responsabilité juridique

Outre les campagnes de sensibilisation, le gouvernement met en œuvre des mesures juridiques plus strictes pour garantir que les auteurs de ces actes soient tenus pour responsables. Le mandat du Médiateur des télécommunications a été élargi afin d’aider les victimes à identifier les auteurs d’attaques anonymes.

Alors que le système actuel permet de tracer les appels téléphoniques et les SMS, un nouveau système est en cours de développement pour dévoiler l’identité des profils anonymes sur les réseaux sociaux.

Maintenir un seuil bas

Le ministre Beenders a souligné que le seuil de déclenchement de cette intervention est bas : un seul message anonyme à caractère haineux suffit pour qu’une victime puisse solliciter l’aide du médiateur. Une fois l’identité d’un « troll » établie, ces informations peuvent être communiquées à la victime et aux forces de l’ordre. Le gouvernement vise à ce que ce processus d’identification spécifique soit pleinement opérationnel d’ici le 1er janvier 2027. (fc)

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