Les États-Unis disposent d’un nombre de plus en plus restreint de F-22 Raptors en raison de problèmes d’entretien persistants


Principaux renseignements

  • La disponibilité opérationnelle du F-22 a chuté à 40,19 pour cent en 2024.
  • La fragilité des revêtements furtifs et l’obsolescence des composants électroniques entravent la maintenance de la flotte.
  • Les États-Unis disposent de 32 anciens avions F-22. L’armée de l’air souhaite les retirer du service, mais le Congrès s’y oppose.

La disponibilité opérationnelle de la flotte de F-22 Raptor a connu une baisse significative, le taux d’aptitude à la mission tombant à 40,19 pour cent au cours de l’exercice 2024. Il s’agit d’une forte baisse par rapport aux années précédentes, où la disponibilité s’élevait à 52 pour cent en 2023 et à 57,4 pour cent en 2022. Étant donné que la notion de « capacité opérationnelle » indique uniquement qu’un avion peut effectuer une seule tâche qui lui est assignée plutôt que l’ensemble de ses missions, le nombre réel d’appareils pleinement prêts au combat est probablement encore plus faible.

Les données du Government Accountability Office (GAO) révèlent une tendance persistante. L’armée de l’air n’ayant pas atteint ses objectifs de disponibilité chaque année entre 2018 et 2023, malgré un financement intégral pour la maintenance et les opérations.

Maintenance coûteux pour la furtivité

L’entretien de ces appareils représente un défi immense, en grande partie en raison de la nature complexe de la technologie furtive. Environ 50 pour cent des tâches de maintenance consistent à réparer les revêtements à faible observabilité, qui s’abîment facilement lors des opérations de routine. Contrairement aux chasseurs classiques, pour lesquels les réparations peuvent prendre quelques heures, le F-22 nécessite plusieurs jours pour que les revêtements soient réappliqués et durcis.

À mesure que les cellules vieillissent, l’armée de l’air doit également gérer un câblage et une avionique obsolètes datant des années 1990. Bien qu’un programme de fiabilité soit en cours pour introduire des matériaux plus durables et des mises à niveau électriques, ces efforts ne devraient pas aboutir avant 2027.

Modernisation

La situation est encore compliquée par la dépendance de l’armée de l’air vis-à-vis d’un soutien externe et par la nécessité d’une modernisation. Des essais récents ont montré que la mise à niveau « Release 3 » n’avait pas permis de rendre les avions autonomes sur le plan opérationnel, ce qui signifie que les techniciens de maintenance dépendent toujours des sous-traitants de Lockheed Martin pour résoudre les problèmes matériels.

Parallèlement, l’armée de l’air intègre de nouveaux outils de guerre électronique, des capteurs infrarouges et des systèmes de navigation améliorés pour contrer des menaces telles que le J-20 chinois. Bien que ces mises à niveau soient essentielles, elles imposent une pression supplémentaire à une flotte limitée de 184 appareils, la chaîne de production ayant été arrêtée en 2012.

Retirer les anciens avions du service…

Un point de discorde spécifique entre l’armée et les législateurs concerne 32 appareils plus anciens de la version Block 20. Ces avions sont principalement utilisés pour la formation et ne disposent pas des systèmes de combat avancés que l’on trouve dans les versions plus récentes. L’armée de l’air a demandé à plusieurs reprises de mettre ces appareils hors service afin de réaffecter les fonds à des moyens plus modernes.

Cependant, le Congrès s’est opposé à cette mesure, craignant que le retrait des avions d’entraînement n’oblige à détourner des avions de combat opérationnels à des fins de formation.

… ou les moderniser

Mettre ces 32 appareils aux normes de combat n’est ni bon marché ni rapide. Les estimations des sous-traitants font état d’un coût d’au moins 3,3 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros) et d’un délai d’environ 15 ans. Actuellement, des restrictions juridiques empêchent l’armée de l’air de retirer de service tout Raptor avant fin 2027.

Alors que la Chambre des représentants a voté la prolongation de cette interdiction jusqu’en 2032, le Sénat ne s’est pas encore prononcé, laissant dans l’incertitude le sort de la flotte de Block 20 et la structure globale de la force des Raptors. (fc)

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