Plus de 80 pour cent des adolescents australiens continuent d’utiliser les réseaux sociaux malgré l’interdiction


Principaux renseignements

  • La plupart des adolescents australiens continuent d’utiliser les réseaux sociaux malgré l’interdiction nationale.
  • La faiblesse des systèmes de vérification de l’âge permet aux adolescents de contourner facilement les restrictions légales

Une récente enquête menée par eSafety, l’autorité australienne de régulation d’Internet, révèle qu’une grande majorité d’adolescents de moins de 16 ans continuent d’accéder aux réseaux sociaux trois mois après l’entrée en vigueur d’une interdiction nationale historique. Malgré la législation, plus de 80 pour cent des jeunes adolescents sont restés actifs sur ces plateformes, en grande partie parce que les entreprises technologiques n’ont pas réussi à mettre en place des systèmes fiables de vérification de l’âge.

Vérification d’âge inefficace

Cette étude, qui a suivi plus de 4 000 familles et enfants, a montré que la fréquence d’utilisation des réseaux sociaux chez les 10-15 ans était restée pratiquement inchangée entre décembre et mars.

Alors que le pourcentage d’utilisateurs possédant un compte personnel a baissé de 52 pour cent à 42 pour cent – avec des baisses notables sur TikTok, Snapchat et YouTube – , la plupart des enfants ont simplement conservé leurs profils existants ou en ont créé de nouveaux. Environ la moitié des jeunes ayant conservé leur accès ont déclaré qu’aucun contrôle d’âge n’avait été effectué, tandis que d’autres ont contourné le système en falsifiant leur date de naissance ou en tirant parti d’une vérification automatisée imprécise.

Impact minime sur le comportement des jeunes

Le gouvernement australien a mis en place cette interdiction sans précédent afin de protéger le bien-être mental et physique des jeunes, une mesure actuellement suivie de près par d’autres pays.

Cependant, les données suggèrent que cette interdiction n’a eu qu’un impact limité sur le quotidien des adolescents. Environ 58 pour cent d’entre eux continuent d’utiliser les réseaux sociaux tous les jours, et on n’observe pas de changement significatif en faveur des activités physiques, artistiques ou des rencontres sociales. De plus, 65 pour cent des enfants interrogés ont déclaré que cette restriction ne les avait pas affectés.

Conséquences imprévues

Des inquiétudes existent également concernant les effets secondaires imprévus de cette politique. Le rapport met en évidence une diminution de la surveillance parentale des activités en ligne, ce qui pourrait entraver la capacité des parents à détecter les dangers numériques ou à apporter un soutien en temps opportun. De plus, on constate une augmentation de l’utilisation des jeux en ligne, des applications de messagerie et de plateformes telles que Reddit.

Réponse du gouvernement

En réponse à ces conclusions, le gouvernement s’est engagé à augmenter les amendes maximales infligées aux entreprises technologiques en infraction et à étendre les pouvoirs d’enquête d’eSafety. L’autorité de régulation examine actuellement cinq grandes plateformes – Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube – à la recherche d’éventuelles infractions. Bien que certaines améliorations mineures aient été constatées, eSafety maintient que d’importantes lacunes en matière de conformité persistent.

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