Principaux renseignements
- L’Union européenne investit 10 milliards d’euros pour construire sept gigafabriques dédiées à l’IA.
- Ces installations permettront de doubler la capacité de calcul afin de réduire la dépendance vis-à-vis des technologies américaines et chinoises.
- Des normes éthiques strictes devront régir toute l’IA développée au sein de ce réseau.
Dans le cadre d’une initiative stratégique visant à réduire le fossé technologique qui la sépare des États-Unis et de la Chine, l’Union européenne a annoncé un programme de financement d’une valeur de 10 milliards d’euros.
« Gigafactories »
Cette initiative financière vise à soutenir la création de sept « gigafactories » d’IA, la Commission européenne espérant que ces fonds publics mobiliseront 20 milliards d’euros supplémentaires de capitaux privés.
Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, a souligné que la mise en place d’une capacité de calcul à grande échelle était essentielle pour l’Europe, compte tenu de l’évolution rapide de l’intelligence artificielle.
En quête d’indépendance technologique
La volonté d’indépendance technologique est motivée par la crainte que le fait de dépendre de fournisseurs de technologies étrangers n’expose l’Union à des pressions géopolitiques. Ces inquiétudes sont exacerbées par les tensions avec le président américain Donald Trump concernant des différends réglementaires, ainsi que par les restrictions imposées par la Chine sur les minerais essentiels.
Les « gigafactories » proposées abriteront chacune au moins 100 000 puces d’IA haute performance, ce qui les rendra environ quatre fois plus puissantes que les centres de données existants de l’UE. Une fois achevés, les sept sites permettront de plus que doubler la capacité de calcul actuelle fournie par les 19 centres existants de l’Union.
Le paysage concurrentiel mondial
Les données actuelles indiquent que l’Europe accuse un retard significatif par rapport à ses concurrents mondiaux. Une analyse de la Réserve fédérale américaine datant de 2025 a souligné que la Chine dispose d’une capacité électrique supérieure pour les centres de données, tandis que les États-Unis dominent les investissements privés.
En outre, un rapport de la Commission a noté que l’UE ne dispose pas d’une production nationale de composants clés et doit faire face à des coûts d’électricité nettement plus élevés que ceux des États-Unis et de la Chine. Ce contexte oblige les entités publiques et privées européennes à s’appuyer fortement sur les services cloud américains, ce qui, selon le rapport, pourrait compromettre la confidentialité des données et l’indépendance opérationnelle.
Équilibre entre innovation et réglementation
Malgré les efforts d’entreprises telles que la société française Mistral, qui exploite un important centre de données à Paris, les entreprises européennes ont du mal à suivre le rythme de géants comme OpenAI ou DeepSeek. Alors que des dirigeants tels que le président français Emmanuel Macron plaident en faveur d’une industrie européenne de l’IA, une appréhension généralisée règne quant aux risques liés à la vie privée et à l’instabilité économique potentielle causée par cette technologie.
Pour y remédier, la Commission a déclaré que toute IA développée par le biais de ce réseau doit respecter les normes européennes en matière d’éthique, de sécurité et de protection des données, notamment la loi sur le marché numérique et la loi sur les services numériques.
Lutter contre les impacts environnementaux
Parallèlement à ces objectifs industriels, les préoccupations environnementales restent une priorité. En juin, une coalition de 40 maires du monde entier a signé un accord visant à réduire l’empreinte écologique des centres de données d’IA, dans le but de protéger les ressources naturelles et de respecter les objectifs climatiques dans des villes allant de Melbourne à Phoenix.
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