Principaux renseignements
- Les missiles balistiques conventionnels déclenchent une nouvelle course mondiale à l’armement.
- Les armes à longue portée permettent aux petits pays de menacer les grandes puissances.
- Les tactiques de saturation submergent les systèmes de défense coûteux grâce à leur volume et à leur vitesse.
La guerre mondiale entre dans une troisième ère de développement des missiles, alors que les armes balistiques conventionnelles se multiplient à un rythme sans précédent. Les conflits récents en Ukraine et en Iran ont démontré le pouvoir transformateur de ces systèmes, avec le déploiement de milliers de missiles lancés depuis la terre ferme ou depuis les airs pour redessiner le champ de bataille.
En particulier, le recours de l’Iran à une technologie balistique développée localement lui a permis de rester une force puissante malgré les affirmations extérieures faisant état d’un effondrement militaire, ce qui a entraîné des dégâts régionaux importants et l’épuisement des stocks d’intercepteurs coûteux.
Moyens à longue portée
Alors qu’une grande partie du discours militaire actuel se concentre sur les drones à faible coût et les moyens de frappe à action différée, la valeur stratégique des missiles balistiques à longue portée — ceux dont la portée dépasse 1 000 kilomètres — devient évidente.
Ces armes permettent à des nations dont la puissance militaire globale est limitée de menacer des adversaires puissants, avec de graves conséquences économiques et militaires. Cette évolution oblige les États-Unis à réévaluer en profondeur leur logistique et leur positionnement stratégique.
Nouvelle course aux armements
Historiquement, la technologie des missiles a évolué depuis les armes V de l’Allemagne nazie jusqu’aux arsenaux axés sur le nucléaire de la Guerre froide. Alors que le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire limitait auparavant la prolifération des missiles de moyenne et longue portée, le retrait des États-Unis de cet accord et l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 ont accéléré une nouvelle course aux armements.
La Russie a intensifié la production de ses missiles Iskander, et des groupes non étatiques comme les Houthis ont intégré des capacités balistiques dans leurs opérations. Les experts estiment que, compte tenu de la baisse des coûts et de l’amélioration de la précision, tenter d’enrayer cette prolifération pourrait s’avérer vain.
Course mondiale
Cette tendance a déclenché une course mondiale aux capacités. En Asie, la Corée du Sud a mis en service le Hyunmoo-5, et le Japon développe le Type 25, qui utilise des véhicules planants hypersoniques pour contourner les défenses.
Parallèlement, une coalition de six pays européens — dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni — vise à déployer d’ici 2030 des missiles d’une portée de 2 000 kilomètres, grâce à un engagement de l’OTAN de 50 milliards de dollars (44 milliards d’euros). Même l’Ukraine s’oriente vers la production en série de ses propres missiles balistiques afin de compléter ses campagnes de drones.
Missiles et drones
Le défi tactique moderne réside dans la combinaison de missiles balistiques à grande vitesse et d’essaims de drones bon marché. Cette approche à double menace vise à submerger les systèmes de défense par saturation, laissant les cibles de grande valeur vulnérables à des frappes plus rapides et plus furtives. Bien que les États-Unis disposent de systèmes avancés tels que les missiles Dark Eagle et Tomahawk, l’intensité des conflits récents a mis ces stocks à rude épreuve.
En fin de compte, cette nouvelle ère n’introduit pas de problèmes entièrement nouveaux, mais intensifie plutôt les dilemmes existants, en particulier le coût insoutenable du maintien de défenses antimissiles efficaces. (fc)
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